
[Rédactrice]
[Les Productions Amethyste]
Deadly Apples – Entrevue avec Alex Martel et Antoine Lamothe : au cœur de « Distress »
Introduction :
Figure indomptable du métal industriel, le groupe Deadly Apples insuffle depuis ses débuts une urgence viscérale à la scène internationale. Après avoir arpenté les planches mondiales aux côtés des titans du genre, le duo s’apprête à franchir un nouveau cap avec la sortie de son opus massif : DISTRESS.
Propulsé sous les projecteurs par le charisme d’Alex Martel, frontman et véritable bête de scène dont le leadership a marqué les esprits autour du monde, le projet cache une mécanique interne d’une grande finesse. Pour donner vie à ce séisme sonore, il fallait un architecte de l’ombre. C’est là que le talent d’Antoine Lamothe opère : musicien-producteur, il est le cerveau qui sculpte les textures complexes et hypnotiques du groupe, insufflant une tension envoûtante à leur noirceur clinique.
Cette onde de choc a déjà commencé à se propager à travers trois pièces maîtresses : l’incendiaire Volatile et le poignant Sacrifice — tous deux magnifiés par la voix de Richard Patrick (Filter) — ainsi que le corrosif Envious and Little. Pour parfaire ce mur de son abrasif, le tandem a confié l’intégralité des basses et des guitares à une légende du milieu : Danny Lohner (Nine Inch Nails). À l’aube de ce nouveau chapitre nous recevons ces deux artisans pour une entrevue exclusive
ENTREVUE :
Elizabeth Blouin-Brathwaite : De Montréal au Hellfest, en passant par vos tournées avec Korn et Rammstein, vous avez conquis l’international avant de revenir au Québec. Avec le recul, quel regard portez-vous sur cette trajectoire ?
Quand on regarde le chemin parcouru aujourd’hui, on ressent surtout beaucoup de gratitude. On vient de Montréal/Montebello et au départ on n’aurait jamais imaginé que notre musique allait nous mener aussi loin. Le Hellfest, les tournées avec Korn, M. Manson, Rammstein, les scènes à l’étranger… ce sont des moments qui restent profondément gravés en nous.
Ce qui nous touche aussi, ce n’est pas nécessairement d’avoir joué sur ces grandes scènes, mais de penser à tout ce qu’il a fallu traverser pour y arriver. Tout le travail, les doutes, les sacrifices, les moments où on ne savait pas du tout où tout ça allait nous mener. Quand on dit « blood, sweat and tears’ dans notre cas, c’est réellement ça.
Et aujourd’hui nous sommes extrêmement fiers de revenir au Québec parce que c’est ici que tout a commencé. C’est ici que le groupe a pris son envol, tranquillement, dans les petits clubs de la province. Revenir ici après toutes ces années et tout ce parcours international a donc une signification très particulière pour nous. C’est comme revenir à la maison, mais avec tout ce qu’on a vécu depuis.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Avec DISTRESS, vous injectez de la lumière dans un abîme de lourdeur. Comment avez-vous orchestré cette fusion entre votre son industriel et la pureté de vos mélodies ?
C’est justement le contraste entre les deux qui nous intéresse le plus. Pour nous la lumière et la lourdeur ne sont pas opposées. Elles peuvent exister au même endroit, dans la même chanson. Avec Distress, nous voulions conserver cette dimension industrielle, physique et agressive qui fait partie de notre univers, mais nous ne voulions pas que toute cette lourdeur devienne simplement un mur sonore cliché. Nous avions besoin d’espaces, de silences, de mélodies et de petites interludes qui puissent respirer au milieu de quelque chose de très lourd. Les mélodies apportent quelque chose de beaucoup plus humain et vulnérable. Une mélodie très simple peut parfois être beaucoup plus forte émotionnellement qu’un mur de guitares ou de distortion. Nous avons donc beaucoup travaillé sur les contrastes c’est-à-dire mettre quelque chose de très fragile juste à côté de quelque chose de brutal, laisser une partie presque nue avant de la faire exploser, ou utiliser une mélodie très belle dans un contexte qui, lui, est complètement sombre. Nous ne voulions surtout pas que la lumière soit là pour rendre l’album plus facile à écouter. Au contraire, nous voulions qu’elle rende la noirceur encore plus noire.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Vos singles Volatile, Sacrifice et Envious and Little frappent par leur mutation esthétique radicale. Comment l’empreinte du légendaire Michael Beinhorn en pré production a-t-elle catalysé l’architecture de ces titres, et comment l’album DISTRESS va-t-il exacerber ces contrastes ?
En fait, Michael Beinhorn a eu une influence directe sur un seul morceau. Sacrifice. Et c’est justement ce qui rend l’expérience intéressante pour moi. Travailler avec lui a permis de voir une chanson avec un regard complètement différent. Nous avons beaucoup aimé sa manière de la décortiquer, de questionner chaque moindre élément et de chercher ce qui pouvait être renforcé.
Mais pour le reste, j’ai finalement décidé de tout réécrire et de repartir de zéro. Les autres morceaux sur lesquels j’avais travaillé pendant des mois ont été mis sur la glace parce que j’ai senti que je partais dans une direction beaucoup plus agressive. J’avais besoin de suivre cette intuition plutôt que d’essayer de rester dans une direction qui ne me ressemblait plus.
C’est aussi ce qui explique les contrastes de Distress. L’album est devenu beaucoup plus intense et agressif que ce que nous avions imaginé au départ. Il y a quelque chose de presque instinctif dans la façon dont il s’est construit. Je suis parti de certaines idées puis j’ai progressivement déconstruit tout ça pour aller vers quelque chose de plus personnel et plus radical.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Concernant le titre de l’album ; S’agit-il ici d’une détresse collective face à l’état actuel du monde, ou plutôt d’une exploration purement intime et personnelle ?
On croit que le titre de l’album laisse beaucoup de place à la libre interprétation. La détresse, on la vit tous de manière distincte. Elle peut prendre des formes complètement différentes d’une personne à l’autre. Nous ne voulions donc pas imposer une définition précise de ce que représente Distress. Au contraire, on aime l’idée que chacun puisse y projeter sa propre histoire, ses propres blessures, ses propres émotions et éventuellement se l’approprier.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Pour le single « Sacrifice », vous avez enregistré les pistes de batterie sur le kit légendaire utilisé par Lars Ulrich sur le « Black Album » de Metallica. Quel impact cela a-t-il eu sur l’identité sonore et l’énergie du morceau ?
En fait, j’ai utilisé la batterie de Lars Ulrich pour tout l’album. C’est un vieux Gretsch des années 80 en érable. Mais, bien honnêtement, c’était surtout pour le plaisir de jouer sur le même kit que lui. Ma manière de jouer et ma façon de sonner ne ressemblent en rien à celles de Lars, donc je ne cherchais absolument pas à reproduire son son.
Je voulais aussi travailler avec le Drum Doctor, de qui on a loué le kit, qui se nomme Ross Garfield et qui est un véritable spécialiste de la batterie à Los Angeles. Il est extrêmement réputé et a travaillé avec des groupes comme Slipknot, Blink 182 et Metallica pour n’en nommer que quelques-uns.
C’était une expérience très agréable de travailler avec lui. Il possède un entrepôt immense rempli de batteries, de caisses claires, de percussions et il connaît cela mieux que quiconque. Il m’a accompagné en studio et a pris le temps d’accorder chaque élément de la batterie exactement comme je le souhaitais.
Pour moi c’était important parce que la batterie est aussi très présente sur cet album. Sans sonner trop « rock » je voulais qu’elle soit massive, précise et très organique, mais surtout qu’elle corresponde à ma façon de jouer. Le kit est bien celui de Lars Ulrich, mais le son qui en sort est complètement le mien.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Ben Grosse au mixage et Tom Baker au mastering : qu’est-ce que leur signature sonore a évoqué dans vos compositions que vous n’aviez jamais exploré jusqu’ici ?
Ce que j’ai aimé avec Ben Grosse et Tom Baker, c’est qu’ils m’ont permis d’entendre ma propre musique autrement. Je tenais absolument à travailler avec des gens très expérimentés qui sont capables d’amener le produit à un autre niveau. Quand tu travailles pendant des mois sur un album, tu finis par être tellement proche des morceaux que tu n’as plus vraiment de recul. Avec Ben au mixage, j’ai découvert une dimension beaucoup plus physique de ma musique. Il a réussi à faire ressortir des détails, des textures et surtout une agressivité que je savais présente dans mes compositions, mais que je n’avais peut-être pas fait assez ressortir.
Avec Tom au mastering, c’était différent. Son travail a donné une profondeur et une belle cohérence à l’ensemble. L’album a atteint la véritable identité sonore que je recherchais. Tom nous a même envoyé un petit mot pour nous dire qu’il trouvait l’album « dangereusement bon ». C’est toujours agréable de recevoir ce genre de compliment venant de quelqu’un de si respecté dans l’industrie.
Questions pour Antoine Lamothe ;
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Antoine, en plus d’être compositeur et batteur, tu as réalisé l’album DISTRESS à Los Angeles. Comment as-tu réussi à équilibrer ton rôle de musicien et celui de réalisateur en studio ?
Pour moi, ces deux rôles ont toujours été très liés. Quand je compose, j’entends les sons, je vois la chanson dans son ensemble, l’atmosphère, l’émotion, comme si je la réalisais déjà dans ma tête.
À Los Angeles avec Distress, j’étais complètement plongé dans l’album mais en même temps j’essayais d’avoir suffisamment de recul pour entendre le projet comme si ce n’était pas le mien. Ce n’est pas toujours évident mais j’ai dû apprendre à me faire confiance. Et avec les années et le bagage technique et créatif que j’ai accumulé, je comprends que ce que j’aime dans la création c’est un tout. Je ne veux pas seulement jouer de la batterie ou du piano. Je veux composer, construire et réaliser des univers et les pousser au maximum.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Tes arrangements de synthés analogues et tes rythmiques de batterie massives créent une atmosphère très cinématographique. Quelle a été ta ligne directrice pour sculpter l’identité sonore de ce nouvel album ?
Je suis profondément passionné par différents styles, la musique de film, la musique classique, la musique électronique instrumentale. J’aime leur façon de créer des émotions, de construire de la tension et de raconter quelque chose sans nécessairement avoir besoin de mots. La musique électronique, elle, me permet d’explorer des textures et des sonorités différentes avec des synthés et des effets.
Par contre, je ne voulais pas que ces influences nous éloignent de ce qu’est Deadly Apples à la base. Au contraire, je voulais les faire entrer dans notre univers et les transformer avec mon langage. La base reste heavy, agressive et viscérale, mais par-dessus cette fondation, on peut avoir une orchestration très cinématographique, des synthés, des textures électroniques qui viennent complètement changer la perception d’un morceau. Prenons l’exemple de Volatile, dans les couplets on est dans quelque chose de très lourd avec des guitares très syncopées, c’est très « heavy » et cette même énergie se poursuit dans les pré-refrains. Puis lorsque le refrain arrive, on bascule complètement dans un autre monde, quelque chose de beaucoup plus ambiant, mélodique et musical. C’est cette opposition entre l’agressivité et la beauté qui nous permet de créer notre propre langage.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Confier les basses et les guitares à Danny Lohner sur vos derniers morceaux est un choix brillant. Comment s’est orchestrée votre collaboration technique en studio ? Comment avez-vous fusionné vos deux visions ?
On a toujours adoré l’énergie de Danny, autant en studio que sur scène, que ce soit à la basse ou à la guitare. Pour nous, il allait donc de soi d’avoir quelqu’un capable d’apporter cette énergie et cette personnalité à l’album. Le choix s’est fait assez naturellement.
Quand Danny est arrivé en studio à Los Angeles, les démos étaient pratiquement toutes terminées, donc il n’avait qu’à suivre la ligne directrice, mais on voulait surtout qu’il apporte sa propre manière de jouer.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : De la réalisation de visuels scéniques pour Céline Dion à l’imagerie des vidéoclips de Deadly Apples, ta signature est unique et omniprésente. Comment ton expertise — que l’on voit dans des morceaux comme Sacrifice ou Volatile — te permet-elle de façonner l’esthétique du groupe ?
Je pense que mon expérience en réalisation avec Céline Dion influence énormément l’identité visuelle de Deadly Apples, parce que pour moi, la musique et l’image ont toujours été intimement liées. Même si c’est un créneau musical complètement différent, les techniques restent essentiellement les mêmes. Que ce soit la direction photo, le montage ou la colorimétrie, les principes demeurent les mêmes. Ce qui change, c’est surtout l’esthétique et la façon de l’adapter à l’univers du projet.
Pour chaque vidéoclip, je passe plusieurs semaines en pré production à développer le concept, réfléchir à l’esthétique, préparer les visuels et construire l’univers du clip avant même d’arriver au tournage. Pour Sacrifice et Volatile, je voulais que chaque détail soit réfléchi et qu’on ait une véritable direction artistique plutôt que de simplement filmer le groupe en train de jouer.
Questions pour Alex Martel ;
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Alex, tes textes sont réputés pour leur honnêteté brute; dans quel état d’esprit t’es-tu plongé pour écrire les paroles de DISTRESS ?
La plupart des paroles de l’album ont été écrites dans une période assez mouvementée et difficile dans ma vie, où j’étais un peu à la croisée des chemins, avec en plus le contexte pandémique incertain qui s’est ajouté en arrière-plan. C’est définitivement très dark. Deadly Apples m’a toujours permis en quelque sorte de canaliser sur papier ce type d’émotions et pensées.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Sur scène, tes performances explosives se terminent souvent par des moments intenses où tu ne fais qu’un avec la foule, est-ce que cette même émotion t’a habité derrière le micro en studio ?
Je dirais que c’est différent. L’émotion était définitivement présente en studio, et certaines chansons ont été particulièrement éprouvantes pour différentes raisons, mais c’est beaucoup plus intime. Ça requiert souvent beaucoup de répétition, d’essais et erreurs. Sur scène, c’est une toute autre expérience. Toute l’énergie négative qui s’accumule à l’intérieur sort sur scène, et c’est souvent chaotique et intense. Ce n’est pas un simple spectacle de musique, je le vois comme une thérapie ou un exorcisme. Je crois que ça fait partie des éléments qui distinguent Deadly Apples et les spectateurs semblent apprécier.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Ta voix navigue habilement entre des voix claires et mélodiques et des screams saturés très puissants. Quel a été ton parcours pour maîtriser ces deux extrêmes?
Je me considère davantage comme un frontman et performeur que comme un chanteur, dans le sens que je n’ai jamais vraiment suivi de cours de chant et je n’ai jamais eu la patience de me pencher sur tout l’aspect technique. Je crois que j’ai simplement développé différents types de voix au fil du temps, en voyant ce qui fonctionne mieux pour moi. Pour les cris, je les fais essentiellement avec ma gorge et des effets de distortion, ce qui est assez différent des techniques habituelles dans le métal, et donc plus distinctif je crois.
Au cœur de l’indus avec les légendes de Nine Inch Nails et Filter ;
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Danny Lohner (NIN) signe la basse et la guitare sur vos trois derniers singles.
Comment s’est faite la connexion avec lui, et de quelle manière son ADN musical a-t-il teinté la production de ces morceaux ?
Alex connaissait Danny depuis quelques années par l’intermédiaire de Fat Mike de NOFX. Étant tous les deux de grands fans de Nine Inch Nails et de Danny, nous l’avons naturellement contacté et il a accepté de se joindre au projet.
Il a vraiment apporté cette énergie et cette intensité qu’il avait si bien développées avec NIN. Sa façon de jouer est très instinctive et possède une belle énergie qui se mélange bien avec celle d’Alex et la mienne. C’était exactement ce qu’on recherchait.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : En plus de Danny, Richard Patrick (Filter, ex-NIN) prête sa voix aux titres Volatile et Sacrifice. Comment partage-t-on l’espace créatif en studio avec des légendes qui ont défini les codes du metal industriel ?
Richard a été vraiment super agréable et généreux avec nous. C’est même lui qui s’est offert pour venir chanter sur ces morceaux, ce qui nous a beaucoup touchés. Et il y a aussi quelque chose d’assez amusant dans le fait que tout semblait étrangement interrelié. Nous avons produit Distress au Mix Room, le studio de Ben Grosse, qui avait notamment produit et mixé les deux premiers albums de Filter. On se retrouvait donc sans l’avoir nécessairement planifié dans un environnement qui avait déjà une connexion directe avec l’histoire de Richard et de Filter.
Deadly Apples en tournée américaine ;
Elizabeth Blouin-Brathwaite : Qu’est-ce que cela vous fait, en tant que groupe québécois, de constater l’attente et la ferveur que vous suscitez auprès des fans de metal industriel aux États-Unis à l’approche de cette nouvelle série de dates ?
La tournée américaine a malheureusement dû être reportée à la suite d’un accident impliquant l’un des membres de l’autre groupe (Ventana) avec qui nous allions partir. Nous retournerons donc au début de 2027.
Cela dit, c’est toujours un immense plaisir pour nous de retrouver les fans américains. Ils nous ont énormément soutenus lors de notre première grande tournée avec Marilyn Manson et Rob Zombie, et nous avons développé une relation très particulière avec eux. Malgré les circonstances actuelles, pour nous la musique reste avant tout une façon de rassembler les gens, peu importe leurs différences ou leurs opinions.
Nous allons donc profiter de ce report pour avancer sur d’autres projets, notamment la réalisation des vidéoclips de nos trois prochains singles. Ce sera l’occasion de continuer à développer l’univers visuel de Distress et de maintenir l’élan autour de l’album en attendant de retrouver notre public sur scène.
Elizabeth Blouin-Brathwaite : À quoi doit-on s’attendre pour cette nouvelle série de dates, et comment s’est construite la scénographie de ce nouveau spectacle ?
Nous allons continuer dans la même lignée avec un spectacle qui mise avant tout sur un niveau d’énergie très élevé et des prestations extrêmement puissantes. On veut que le public ressente cette intensité dès les premières secondes et que chaque chanson soit vécue comme un véritable coup de poing.
DEADLY APPLES
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ENGLISH version
Deadly Apples – Interview with Alex Martel and Antoine Lamothe: at the heart of « Distress »
Introduction:
An untamable force in industrial metal, Deadly Apples have brought a visceral sense of urgency to the international scene since their beginnings. After taking stages around the world alongside the genre’s titans, the duo are preparing to reach a new milestone with the release of their massive opus: DISTRESS.
Brought into the spotlight by the charisma of Alex Martel, a frontman and true stage animal whose leadership has left an impression around the world, the project conceals a finely tuned inner mechanism. Bringing this sonic earthquake to life required an architect behind the scenes. This is where Antoine Lamothe’s talent comes into play: a musician and producer, he is the mastermind sculpting the band’s complex, hypnotic textures, infusing their clinical darkness with mesmerizing tension.
This shockwave has already begun to spread through three key tracks: the incendiary Volatile and the poignant Sacrifice — both elevated by the voice of Richard Patrick (Filter) — as well as the corrosive Envious and Little. To perfect this abrasive wall of sound, the duo entrusted all bass and guitar parts to a legend of the scene: Danny Lohner (Nine Inch Nails). As this new chapter begins, we welcome these two creators for an exclusive interview.
INTERVIEW:
Elizabeth Blouin-Brathwaite: From Montreal to Hellfest, including your tours with Korn and Rammstein, you conquered the international scene before returning to Quebec. Looking back, how do you view that journey?
When we look at how far we’ve come today, what we feel most is gratitude. We’re from Montreal/Montebello, and at the beginning, we never would have imagined that our music would take us this far. Hellfest, the tours with Korn, M. Manson, Rammstein, the stages abroad… those are moments that remain deeply etched in our memories.
What also moves us isn’t necessarily having played those big stages, but thinking about everything we had to go through to get there. All the work, the doubts, the sacrifices, the moments when we had absolutely no idea where any of this would lead us. When we say “blood, sweat and tears,” in our case, that’s truly what it means.
And today, we’re extremely proud to return to Quebec because this is where everything began. This is where the band gradually took flight, in small clubs across the province. Coming back here after all these years and that entire international journey holds a very special meaning for us. It’s like coming home, but with everything we’ve experienced since.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: With DISTRESS, you inject light into an abyss of heaviness. How did you orchestrate this fusion between your industrial sound and the purity of your melodies?
It’s precisely the contrast between the two that interests us most. For us, light and heaviness aren’t opposites. They can exist in the same place, within the same song. With Distress, we wanted to preserve that industrial, physical and aggressive dimension that is part of our world, but we didn’t want all that heaviness to become just a clichéd wall of sound. We needed space, silence, melodies and short interludes that could breathe in the middle of something very heavy. Melodies bring something much more human and vulnerable. A very simple melody can sometimes be much more emotionally powerful than a wall of guitars or distortion. So we worked extensively on contrasts: placing something very fragile right next to something brutal, leaving a section almost bare before making it explode, or using a very beautiful melody in a completely dark setting. Above all, we didn’t want the light to be there to make the album easier to listen to. On the contrary, we wanted it to make the darkness even darker.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Your singles Volatile, Sacrifice and Envious and Little stand out for their radical aesthetic transformation. How did the legendary Michael Beinhorn’s influence during pre-production help shape the structure of these tracks, and how will DISTRESS heighten those contrasts?
Actually, Michael Beinhorn had a direct influence on only one track. Sacrifice. And that’s precisely what makes the experience interesting to me. Working with him allowed us to look at a song from a completely different perspective. We really liked the way he dissected it, questioned every little element and looked for what could be strengthened.
But as for the rest, I ultimately decided to rewrite everything and start from scratch. The other tracks I had spent months working on were put on hold because I felt I was heading in a much more aggressive direction. I needed to follow that intuition rather than try to stay on a path that no longer felt like me.
That also explains the contrasts on Distress. The album became much more intense and aggressive than we had initially imagined. There’s something almost instinctive about the way it came together. I started with certain ideas, then gradually deconstructed all of it to move toward something more personal and more radical.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Regarding the album’s title, does it refer to a collective distress over the current state of the world, or is it more of a deeply intimate and personal exploration?
We believe the album’s title leaves a lot of room for individual interpretation. We all experience distress differently. It can take completely different forms from one person to another. So we didn’t want to impose a precise definition of what Distress represents. On the contrary, we like the idea that everyone can project their own story, their own wounds and their own emotions onto it, and eventually make it their own.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: For the single « Sacrifice, » you recorded the drum tracks on the legendary kit Lars Ulrich used on Metallica’s « Black Album. » What impact did that have on the track’s sonic identity and energy?
Actually, I used Lars Ulrich’s drum kit for the entire album. It’s an old maple Gretsch kit from the ’80s. But honestly, it was mostly for the pleasure of playing the same kit he did. My playing style and my sound are nothing like Lars’s, so I was absolutely not trying to reproduce his sound.
I also wanted to work with the Drum Doctor, whose real name is Ross Garfield and from whom we rented the kit. He’s a true drum specialist in Los Angeles. He’s extremely well known and has worked with bands like Slipknot, Blink 182 and Metallica, to name just a few.
Working with him was a very enjoyable experience. He has an enormous warehouse filled with drum kits, snares and percussion instruments, and he knows them better than anyone. He joined me in the studio and took the time to tune every part of the kit exactly the way I wanted.
That was important to me because the drums are also very prominent on this album. Without sounding too “rock,” I wanted them to be massive, precise and very organic, but above all, to suit my way of playing. The kit is indeed Lars Ulrich’s, but the sound coming out of it is entirely my own.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Ben Grosse on mixing and Tom Baker on mastering: what did their sonic signatures bring out in your compositions that you had never explored before?
What I liked about Ben Grosse and Tom Baker is that they allowed me to hear my own music differently. I was determined to work with highly experienced people who could take the finished product to another level. When you spend months working on an album, you end up so close to the songs that you no longer really have any perspective. With Ben handling the mixing, I discovered a much more physical dimension to my music. He managed to bring out details, textures and, above all, an aggression that I knew was present in my compositions but that I perhaps hadn’t brought out enough.
With Tom handling the mastering, it was different. His work gave the whole album depth and a beautiful sense of cohesion. The album achieved the true sonic identity I was looking for. Tom even sent us a little note saying he thought the album was “dangerously good.” It’s always nice to receive that kind of compliment from someone so respected in the industry.
Questions for Antoine Lamothe;
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Antoine, in addition to being a composer and drummer, you produced DISTRESS in Los Angeles. How did you manage to balance your roles as musician and producer in the studio?
For me, those two roles have always been closely connected. When I compose, I hear the sounds, I see the song as a whole, the atmosphere, the emotion, as though I’m already producing it in my head.
In Los Angeles with Distress, I was completely immersed in the album, but at the same time, I was trying to maintain enough distance to hear the project as though it weren’t mine. That isn’t always easy, but I had to learn to trust myself. And with the years and the technical and creative experience I’ve accumulated, I understand that what I love about creating is the whole process. I don’t just want to play drums or piano. I want to compose, build and produce worlds, and push them as far as possible.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Your analog synth arrangements and massive drum rhythms create a very cinematic atmosphere. What was your guiding principle in sculpting this new album’s sonic identity?
I’m deeply passionate about different styles: film music, classical music and instrumental electronic music. I love the way they create emotions, build tension and tell a story without necessarily needing words. Electronic music allows me to explore different textures and sounds through synths and effects.
However, I didn’t want those influences to take us away from what Deadly Apples fundamentally is. On the contrary, I wanted to bring them into our world and transform them through my own musical language. The foundation remains heavy, aggressive and visceral, but on top of that foundation, we can have very cinematic orchestration, synths and electronic textures that completely change the way a track is perceived. Take Volatile, for example: in the verses, we’re doing something very heavy with highly syncopated guitars. It’s very “heavy,” and that same energy continues through the pre-choruses. Then, when the chorus arrives, we shift completely into another world, something much more ambient, melodic and musical. It’s that opposition between aggression and beauty that allows us to create our own language.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Entrusting the bass and guitar parts on your latest tracks to Danny Lohner was a brilliant choice. How did your technical collaboration in the studio come together? How did you merge your two visions?
We’ve always loved Danny’s energy, both in the studio and onstage, whether on bass or guitar. For us, it made perfect sense to have someone capable of bringing that energy and personality to the album. The choice came quite naturally.
When Danny arrived at the studio in Los Angeles, the demos were almost all finished, so he only had to follow the direction that was already established, but above all, we wanted him to bring his own way of playing.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: From directing stage visuals for Céline Dion to the imagery in Deadly Apples’ music videos, your signature is unique and ever-present. How does your expertise — which we see in tracks like Sacrifice and Volatile — allow you to shape the band’s aesthetic?
I think my experience directing for Céline Dion has an enormous influence on Deadly Apples’ visual identity because, for me, music and imagery have always been intimately connected. Even though it’s a completely different musical field, the techniques remain essentially the same. Whether it’s cinematography, editing or colour grading, the principles remain the same. What changes is mainly the aesthetic and the way it’s adapted to the project’s world.
For each music video, I spend several weeks in pre-production developing the concept, thinking about the aesthetic, preparing the visuals and building the video’s world before we even get to the shoot. For Sacrifice and Volatile, I wanted every detail to be carefully considered and for us to have a genuine artistic direction rather than simply filming the band playing.
Questions for Alex Martel;
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Alex, your lyrics are known for their raw honesty. What frame of mind did you put yourself in to write the lyrics for DISTRESS?
Most of the album’s lyrics were written during a fairly turbulent and difficult period in my life, when I was somewhat at a crossroads, with the uncertainty of the pandemic added in the background. It’s definitely very dark. Deadly Apples has always allowed me, in a way, to channel those kinds of emotions and thoughts onto paper.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Onstage, your explosive performances often end with intense moments when you become one with the crowd. Did that same emotion inhabit you behind the microphone in the studio?
I would say it’s different. The emotion was definitely there in the studio, and some songs were particularly challenging for different reasons, but it’s much more intimate. It often requires a lot of repetition and trial and error. Onstage, it’s an entirely different experience. All the negative energy that builds up inside comes out onstage, and it’s often chaotic and intense. It’s not simply a music show; I see it as therapy or an exorcism. I think that’s part of what sets Deadly Apples apart, and audiences seem to appreciate it.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Your voice skillfully moves between clean, melodic vocals and very powerful, distorted screams. What has your journey been like in mastering those two extremes?
I see myself more as a frontman and performer than as a singer, in the sense that I’ve never really taken singing lessons, and I’ve never had the patience to delve into the entire technical side of it. I think I’ve simply developed different types of vocals over time by seeing what works best for me. As for the screams, I essentially do them with my throat and distortion effects, which is quite different from the usual techniques in metal and therefore more distinctive, I think.
At the heart of industrial music with the legends of Nine Inch Nails and Filter;
Elizabeth Blouin-Brathwaite: Danny Lohner (NIN) handles bass and guitar on your three latest singles.
How did you connect with him, and how did his musical DNA influence the production of these tracks?
Alex had known Danny for a few years through Fat Mike from NOFX. Since we’re both huge fans of Nine Inch Nails and Danny, we naturally reached out to him, and he agreed to join the project.
He really brought that energy and intensity he had developed so well with NIN. His playing is very instinctive and has a great energy that blends well with Alex’s and mine. It was exactly what we were looking for.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: In addition to Danny, Richard Patrick (Filter, ex-NIN) lends his voice to Volatile and Sacrifice. How do you share creative space in the studio with legends who helped define industrial metal?
Richard was really wonderful and generous with us. He was actually the one who offered to come sing on those tracks, which meant a lot to us. And there was also something quite amusing about how everything seemed strangely interconnected. We produced Distress at the Mix Room, Ben Grosse’s studio, and he had notably produced and mixed Filter’s first two albums. So, without necessarily planning it, we found ourselves in an environment that already had a direct connection to Richard and Filter’s history.
Deadly Apples on tour in the United States;
Elizabeth Blouin-Brathwaite: As a band from Quebec, how does it feel to see the anticipation and enthusiasm you generate among industrial metal fans in the United States as this new run of dates approaches?
Unfortunately, the American tour had to be postponed following an accident involving one of the members of the other band, Ventana, that we were going to tour with. We’ll therefore be returning in early 2027.
That said, it’s always an immense pleasure for us to reconnect with our American fans. They gave us tremendous support during our first major tour with Marilyn Manson and Rob Zombie, and we developed a very special relationship with them. Despite the current circumstances, for us, music remains, above all, a way to bring people together, regardless of their differences or opinions.
We’re therefore going to use this postponement to move forward with other projects, particularly the production of music videos for our next three singles. It will be an opportunity to continue developing the visual world of Distress and maintain the momentum around the album while we wait to reconnect with our audience onstage.
Elizabeth Blouin-Brathwaite: What should we expect from this new run of dates, and how did the stage design for this new show come together?
We’re going to continue in the same direction with a show that focuses above all on a very high level of energy and extremely powerful performances. We want the audience to feel that intensity from the very first seconds and experience every song like a real punch.






























