Spectacle: Le 11 septembre 2026 à l’Agora du Port de Québec
Organisateur: Envol et Macadam
Photographe: Julie Voyer
Compte-rendu: Raphaël Drouin

[Photographe]
[ IG: show_tripping ]

[Critique du spectacle]
Envol et Macadam – Jour 2
Niché entre l’ombre d’un bateau de croisière et un monstre architectural constitué de clôtures et cônes orange se trouve une dalle de béton dans un creux d’estrade, qui, chaque année, devient un lieu de communion. En ce vendredi après-midi de septembre, les premières lourdes notes résonnent sur la coque des bateaux, et mes sources me disent « même jusqu’à l’île d’Orléans ».






C’est Drop Out Cold qui lance le bal avec du classique hardcore de Québec. C’était dur de faire ses devoirs avant le show pour apprendre leurs chansons, seulement un ou deux singles sont disponibles sur les plateformes principales. Pour les infortunés qui n’avaient pas eu la chance de les voir jouer auparavant, il leur aura suffi de suivre la cadence classique pour commencer à two-step. Malgré la maigre foule qui fut capable de quitter son labeur assez tôt pour venir, le groupe livre une performance énergisante, lourde et électrique. On entend leur gamme de sons, passant par des riffs plus metal et du drum rapide, démontrant leur variété et leurs aptitudes. Enfin, Drop Out Cold donne un bon accueil à la journée hardcore, et surtout livre bien plus qu’assez de groove pour faire danser les masses.
DROP OUT COLD
















Ensuite, les chanceux de Luther ont droit à une introduction spéciale de la part du festival qui lance ses éloges à ce groupe de Berlin, mais aussi des quatre coins du monde, qui a été remarqué après avoir gagné un concours au festival tchèque Rock for People. Dès que les acclamations s’éteignent, Luther débute sa performance avec une longue introduction instrumentale qui nous garde sur la pointe des pieds, remplis d’anticipation, toutefois sans savoir à quoi s’attendre. S’ensuit une intéressante performance dramatique, même épique, sans fla-fla et sans s’appuyer sur des costumes pour créer une ambiance. Luther nous fait voyager dans tous les styles lourds, sans jamais choisir son son, passant au travers du black, progressif, death, nu- et plus. Ils prouvent leurs considérables aptitudes musicales et surtout, m’impressionnent avec la diversité vocale, du chanté au parlé, pimenté par des lows qui font froncer les sourcils. Luther est donc ma découverte de la soirée, j’encourage tous à aller écouter leurs quelques chansons disponibles et à rester aux aguets. Malheureusement, ce groupe émergent n’avait pas de marchandise à l’arrière, il faudra attendre son retour pour porter ses couleurs.
LUTHER



















Au coucher du soleil, tout déboule. Le paquebot qui cachait le ciel quitte, laissant place à des nuages, et surtout, à une ambiance sombre qui coïncide avec les premières notes de la marche impériale. C’est aussi là que les masses remplissent l’Agora, à la symphonie sans relents de riffs de Vader. Les doyens du death ne montrent aucun signe de vieillissement audible, livrant une performance pleine de vigueur, dirigée par le bass drum qui ne s’arrête jamais. Au niveau production, c’est aussi à leur performance qu’on a droit à la meilleure qualité sonore et aux effets lumineux synchronisés qui te laissent ébloui ou aveuglé. La foule aussi participe en produisant plus de fumée de pens à wax que ce que les machines à fumée sur scène peuvent produire. Leur performance passe vite, avec presque aucune pause entre les pistes entraînantes. Vader ferme le tout en soulignant ses 35 ans, jouant de ses premières chansons.
VADER

















Après le tour des spectateurs avec une veste de patchs vient celui de ceux qui ont des stretches dans les oreilles, et surtout des aptitudes de ninja. Les légendes venues de quelques heures à l’ouest reçoivent un accueil chaleureux, en effet, ça faisait quatre ans qu’ils n’étaient pas venus à Québec. Bien que ça semblait impossible, la cadence du bass drum accélère encore par rapport au spectacle précédent. Ce soir, Despised Icon livre la marchandise, exactement comme on s’y attend, un mur de sons, sans longueurs, avec tous les clichés du deathcore. On les voit même sauter de façon synchronisée avant un breakdown, comme dans une vidéo sortie tout droit de 2008. La foule est en délire, et s’il restait des gens immobiles, c’est bien Despised Icon qui les motive à bouger avec ses riffs et pig squeals. Enfin, je tiens à les remercier d’avoir incorporé de petits interludes instrumentaux qui furent bien appréciés pour reprendre son souffle dans le pit.
DESPISED ICON














Finalement, c’est Hatebreed, un monument de la scène, qui lance le dernier chapitre de cette soirée avec « I Will Be Heard », qui permet à toute la foule de chanter, ou plutôt crier en chœur. C’est effectivement le thème pour leur performance, un menu garni de chansons de deux à trois minutes avec un refrain prenant qu’on hurle ensemble. Eux aussi sautent les formalités et se concentrent sur jouer leur catalogue, et surtout faire rebondir l’Agora au rythme du classique two-step. Encore une fois, la qualité sonore est plus que fidèle, sonnant comme sur les CD, mais avec un boost sur la basse. Hatebreed enchaîne les hits, parcourant leur catalogue des pistes plus récentes aux premiers albums, en s’assurant de nous laisser chanter et sauter sur « As Diehard as They Come », « Bleed for This » et évidemment « Destroy Everything ». Sans rester sérieux tout le spectacle, Hatebreed nous lance le « Ball of Death », soit le plus gros ballon de plage imaginable, qui parcourra la foule pour le dernier tiers du spectacle, laissant tous ceux qui avaient encore de l’énergie jouer à l’omnikin. Ils nous quittent toutefois tôt, sans rappel, mais après cette soirée remplie de mouvement, il était peut-être temps d’aller laver la bière qui séchait dans mes cheveux.
HATEBREED







































