
[Rédacteur]
[Propriétaire MU Média – MetalUniverse.net]
Marc Desgagné de MetalUniverse.net s’est entretenu avec Saint Agnes à l’occasion de la sortie de leur troisième album, Your God Fearing Days Are About to Begin. Au fil de l’entrevue, le groupe revient sur l’évolution de son identité sonore, ses influences, l’importance des thèmes religieux et du deuil, sa volonté de rester libre entre les genres, ainsi que son approche très physique et imprévisible de la scène. La formation parle également de sa prochaine tournée avec The Rasmus, qui passera notamment par Toronto, Montréal, Québec et Vancouver.
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MU : Votre troisième album, Your God Fearing Days Are About to Begin, est sorti depuis mai. Maintenant que vous avez eu un peu de temps pour voir les réactions, qu’est-ce qui vous a le plus surpris? Y a-t-il des chansons auxquelles les auditeurs se sont attachés d’une façon que vous n’aviez pas prévue?
Kitty : Sur le plan sonore, c’est un grand saut par rapport à Bloodsuckers et je pensais qu’il y aurait davantage de réactions négatives à ce sujet, mais je n’ai vraiment pas vu un seul commentaire négatif. La communauté rock et metal peut être assez résistante au changement, mais il semble que nous ayons attiré un public qui nous accompagne dans notre parcours, peu importe où il nous mènera.
Jon : Il y a aussi eu un moment où la chanson Good Boy n’avait qu’environ 50 % de chances de se retrouver sur l’album, alors voir tout l’amour qu’elle reçoit montre qu’on ne peut vraiment pas prédire ce qui va résonner auprès des gens. Il faut simplement créer l’art qu’on aime, et le reste ne nous appartient plus.
MU : Revenons aux origines de Saint Agnes. Lorsque le groupe s’est formé, quel type de musique vouliez-vous créer, et à quel point cette vision initiale est-elle différente du groupe que nous entendons aujourd’hui?
Kitty : Nous n’avons jamais vraiment changé notre approche. Nous faisons simplement la musique que nous voulons entendre et que nous voulons jouer. Si Jon et moi sommes emballés par des guitares fuzz, elles seront très présentes. Ou si nous aimons l’idée d’empiler des synthés et de relever le défi de créer quelque chose qui nous enthousiasme à partir de cette palette sonore, alors c’est ce que nous ferons. Tout cela, combiné à la vie que nous vivons et qui colore le contenu des paroles, entraîne beaucoup d’évolution.
Le premier album tournait entièrement autour de l’évasion, de la création d’un territoire sans loi rempli d’anges, de démons et de personnages sombres qui habitaient notre version imaginaire de Silvertown, le quartier de Londres où nous vivions, alors que nous dépérissions dans des emplois de bureau.
Au moment de Bloodsuckers, nous nous intéressions davantage à des idées lyriques personnelles et introspectives, puis, de façon totalement inattendue, ma mère est décédée au moment même où nous commencions l’enregistrement. Cette douleur et cette colère ont donc rempli cet album.
MU : Le nom Saint Agnes est intéressant compte tenu de l’obscurité, de la rébellion et de l’imagerie religieuse qui entourent le groupe. Sainte Agnès de Rome est traditionnellement considérée comme un symbole de pureté et de foi. Qu’est-ce qui vous a attirés à l’origine vers ce nom, et sa signification a-t-elle évolué avec le groupe?
Kitty : Choisir un nom de groupe est un processus étrange. Avant même de savoir ce que vous êtes, vous devez vous donner un nom. Saint Agnes nous attirait pour plusieurs raisons, mais principalement parce que c’est le nom d’une petite ville près de l’endroit où j’ai grandi, connue localement sous le nom de The Badlands en raison de sa communauté de surf plutôt hostile. Comme je m’intéressais à l’époque aux grandes musiques expansives et aux thématiques des films de cowboys, cela me semblait être un lien approprié.
Avec le temps et notre évolution en tant que groupe, le symbolisme religieux traditionnel associé à Sainte Agnès est devenu plus pertinent. Je suis une féministe convaincue, je défends les laissés-pour-compte et j’aime aussi énormément le jardinage. Ce sont toutes des choses auxquelles Sainte Agnès a été associée.
MU : Votre son rassemble de l’industriel, du goth, du metal alternatif, de la musique électronique et même des éléments pop. Qu’écoutiez-vous en grandissant, et quels artistes vous ont fait réaliser que la musique n’avait pas nécessairement besoin de rester enfermée dans un seul genre?
Jon : Aucun de nous n’a jamais été tellement obsédé par un seul type de musique qu’il allait de soi que ce serait la seule chose que nous créerions, à l’exclusion de tout le reste. J’envie parfois les gens qui aiment simplement une seule chose, disons le doom metal, parce qu’ils ont une scène dans laquelle s’intégrer facilement, un style de logo à adopter, un type de disque à faire, une tradition et une culture à suivre. Ça semble reposant, mais au final, ça ne nous intéresse tout simplement pas assez.
Kitty : Pour nous, l’élément clé qui nous attire chez un artiste est l’authenticité. J’ai l’impression de pouvoir détecter l’inauthenticité à des kilomètres, et ça fait en sorte qu’il y a énormément de musique qui ne me fait absolument rien. Mais les groupes qui m’intéressent m’obsèdent complètement. Comme l’authenticité n’est pas limitée à un genre, je peux écouter et être inspirée dans la même semaine par Nick Cave, Nine Inch Nails, PJ Harvey, Sepultura, Charli XCX et une prestation en direct de l’orchestre d’Ennio Morricone.
MU : La musique industrielle a toujours entretenu une relation intéressante avec le grand public : parfois elle perce, parfois elle retourne dans les clubs gothiques et l’underground. Nous semblons maintenant vivre une nouvelle vague. Pourquoi pensez-vous que ce son continue de trouver de nouvelles générations?
Kitty : Je ne pense pas que nous soyons les mieux placés pour commenter une scène quelconque, parce que nous ne semblons jamais vraiment y appartenir. Nous n’avons jamais réellement fait partie d’une scène, donc j’ai de la difficulté à comprendre comment ou pourquoi elles montent et redescendent. J’imagine que suffisamment de temps s’est écoulé pour que les gens la découvrent avec des oreilles neuves et un esprit qui n’est pas encombré par ce qui a pu mener à sa disparition la première fois.
MU : Sur Your God Fearing Days Are About to Begin, Get Them Out possède cette intensité industrielle plus sombre qui peut faire penser à Nine Inch Nails, alors que The Father, The Son and The Holy Beast semble beaucoup plus moderne et fluide entre les genres. Lorsque vous écrivez, comment savez-vous jusqu’où vous pouvez pousser dans différentes directions sans perdre ce qui fait qu’une chanson sonne comme Saint Agnes?
Kitty : Nous n’avons absolument aucune méthode, nous nous fions entièrement à nos propres goûts. Nous continuons à pousser dans une direction jusqu’à ce que nous soyons satisfaits. Nous ne planifions vraiment pas comment une chanson doit se terminer. Nous nous demandons simplement : « Comment entendons-nous la prochaine partie? » Et nous la créons. La complexité arrive lorsque cette nouvelle partie vous pousse à reconsidérer ce qui la précédait, et vous entrez alors dans une boucle en constante évolution.
Lorsque nous réécoutons d’anciennes versions, nous préférons toujours l’endroit où nous avons finalement abouti. Donc cette réinvention constante et cette fluidité dans l’écriture fonctionnent pour nous.
MU : Le titre de l’album sonne immédiatement comme un avertissement : Your God Fearing Days Are About to Begin. La religion apparaît aussi beaucoup dans l’imagerie et les titres des chansons. Qu’est-ce que vous questionnez ou confrontez à travers ces références religieuses?
Kitty : Le « Dieu » du titre est une façon abrégée de parler de quelque chose de tout-puissant. Chaque chanson traite d’une forme différente de pouvoir et de son effet sur vous. The Ghost parle du pouvoir que certaines personnes ont sur vous lorsqu’elles vous ignorent, vous discréditent ou nient votre valeur. The Blood Beat parle d’un partenaire narcissique qui tente de façonner quelqu’un selon sa propre idée de la perfection afin de pouvoir s’admirer à travers son œuvre. The Beast parle du fait d’affronter le pouvoir du deuil et d’apprendre à vivre avec lui, à en faire un ami.
MU : Il y a une contradiction intéressante dans votre musique : elle peut sembler violente et inconfortable tout en donnant envie de danser. À quel point cette réaction physique est-elle importante pour vous? Voulez-vous que les gens se perdent sur une piste de danse goth autant qu’ils le feraient dans un pit metal?
Kitty : Nous n’y avons pas trop réfléchi, mais pendant la création de l’album, nous avons pris conscience à quel point nous appréciions l’élan physique vers l’avant de ce que nous étions en train de faire. Nous avons donc choisi d’accentuer cet aspect en ajoutant davantage de possibilités de danser. L’album précédent, Bloodsuckers, était très adapté aux pits, et nous avons encore des moments comme ça ici, mais notre objectif principal était simplement de créer quelque chose qui donne constamment l’impression d’avancer.
MU : Lorsque vous créez une chanson, voyez-vous déjà des couleurs, des vêtements, des mouvements ou des images dans votre tête, ou l’univers visuel commence-t-il seulement une fois la musique terminée? Qui participe à l’écriture et à la production, et jusqu’à quel point les chansons évoluent-elles une fois en studio?
Kitty : C’est exactement comme ça que je fonctionne. Jon a un million d’idées musicales qui l’enthousiasment, et lorsqu’il me les fait entendre, il y en aura une qui déclenchera une image dans ma tête, ou qui sonnera comme la bande sonore d’une pensée que j’avais déjà. À ce moment-là, j’utilise vraiment ces images pour guider la direction que prendra la chanson.
Jon : Comme nous n’avons aucune règle sonore, nous avons une infinité de possibilités. Avoir une vision directrice comme celle-là aide énormément. Nous discutons de la manière dont Kitty voit la chanson et nous écrivons en fonction de cet objectif.

MU : Voici une question un peu étrange : imaginez que quelqu’un découvre Saint Agnes sans savoir en quelle année la musique a été créée. Préféreriez-vous qu’il pense qu’elle provient d’un club industriel oublié de 1996, de 2026, ou de quelque part 20 ans dans le futur? Pourquoi?
Kitty : Je crois au présent. Nos vies sont celles que nous avons, et l’époque dans laquelle nous existons est ce que nous possédons. Plus j’accumule d’expérience musicale, artistique et personnelle, plus je réalise que l’expression la plus vraie et la plus satisfaisante vient du fait d’embrasser pleinement le moment présent. Je voudrais donc que quelqu’un entende cet album comme un disque qui ne pouvait être créé qu’en 2026, par les personnes que nous sommes aujourd’hui.
MU : Nine Inch Nails, Poppy et Lorde sont des références très différentes, mais les trois peuvent pourtant avoir du sens lorsqu’on décrit certains aspects de votre son. Cette liberté entre les genres est-elle quelque chose que vous protégez consciemment, surtout dans une industrie musicale qui cherche constamment à mettre les artistes dans des catégories?
Kitty : Être aussi diversifiés nous a certainement rendu les choses beaucoup plus difficiles. Si nous avions simplement joué le jeu et choisi un genre éprouvé pour nous y tenir, nous serions probablement plus avancés dans l’industrie. Mais ce n’est tout simplement pas qui nous sommes.
MU : Vous partirez bientôt en tournée avec The Rasmus, qui a contribué à faire découvrir le rock alternatif plus sombre à toute une génération au début des années 2000. Certains de ces fans se sont ensuite tournés davantage vers le goth, l’électronique et les musiques plus lourdes. Pensez-vous que Saint Agnes pourrait avoir un impact similaire en initiant une nouvelle génération à des sonorités plus sombres et alternatives?
Kitty : Nous avons rencontré des gens qui nous ont dit que nous avions exactement joué ce rôle pour eux, et c’est quelque chose de magnifique.
C’est un honneur d’être un groupe qui ouvre des portes aux gens, parce que je me souviens de ce sentiment de découverte. Une seule chanson, et soudain, c’est comme si le monde entier avait changé et qu’un univers parallèle inconnu venait d’apparaître, prêt à être exploré. J’espère que notre refus d’être facilement catégorisés musicalement permet aux auditeurs de sentir qu’il existe énormément de façons différentes et encore inexplorées d’être un groupe rock.
MU : Cette tournée vous mènera à Toronto, Montréal et Québec en septembre, puis à Vancouver en octobre. Vous vous êtes bâti une réputation pour vos prestations intenses et chaotiques. À quoi quelqu’un qui voit Saint Agnes pour la première fois peut-il s’attendre, et à quel point la version scénique du groupe est-elle différente de ce que l’on entend sur l’album?
Kitty : Notre objectif pour chaque spectacle est d’atteindre un état où nous perdons complètement le contrôle. La beauté de la musique en direct vient de l’expression du moment présent et de toute sa dimension physique. À bien des égards, nous sommes encore un groupe DIY, ce qui signifie que nous avons une centaine de tâches non musicales à faire chaque jour, et il peut être difficile de passer de tout cela à l’intention originale derrière les chansons que nous avons écrites. Mais, d’une façon ou d’une autre, nous réussissons toujours à trouver quelques secondes de calme nerveux pendant que notre piste d’introduction joue. Nous nous rappelons pourquoi nous sommes là, puis nous montons sur scène en nous battant.
Dans ma vie normale, je suis timide, maladroite et introspective. La performance en direct est une bataille contre cette version de moi-même, et ça donne lieu à une violence d’émotions sauvage et joyeuse.
Jon : Chaque fois que je regarde Kitty pendant un spectacle, je peux voir qu’elle est ailleurs, complètement immergée dans la musique, et ça m’inspire à faire la même chose. Nous aimons qu’un spectacle soit un événement, mais pas une performance mise en scène. Je n’ai aucun intérêt pour le théâtre musical et aucune envie d’être dans un groupe qui fonctionne de cette façon.
Je pense que nos spectacles ressemblent davantage à un événement sportif, ou à un combat de boxe. Il y a des règles, une heure de départ, une forme générale que ça prendra à l’intérieur de certains paramètres, mais ce qui va réellement se produire et comment tout va se dérouler reste complètement imprévisible. Ça garde les choses authentiques et excitantes pour nous, et je ne sais jamais si Kitty va rire avec le public entre deux chansons ou lancer un clavier à travers la scène. J’adore ça.
MU : Finalement, imaginons que Your God Fearing Days Are About to Begin ne soit pas un album, mais un endroit réel qui ouvre ses portes à minuit. Où sommes-nous, qui est à l’intérieur, qu’est-ce qui joue, et surtout… devrait-on s’inquiéter de ce qui va arriver avant le lever du soleil?
Kitty : La scène du Blood Rave dans Blade est une assez bonne image à évoquer, mais j’aime imaginer quelque chose d’un peu plus sale, plus sombre, et où, en plus du chaos, il y aurait de la joie. La joie de se délecter tous ensemble du carnage.
▶ Écoute/Stream Album: https://sntagnes.lnk.to/YGFDAATB
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ENGLISH version
Saint Agnes – Interview with the Band: New Album, Authenticity and Musical Freedom
Marc Desgagné of MetalUniverse.net spoke with Saint Agnes following the release of their third album, Your God Fearing Days Are About to Begin. During the interview, the band discusses the evolution of their sound, their influences, the importance of religion and grief in their lyrics, their determination to remain free between genres, and their highly physical and unpredictable approach to live performance. The band also talks about their upcoming tour with The Rasmus, which will include stops in Toronto, Montreal, Quebec City and Vancouver.
MU: Your third album, Your God Fearing Days Are About to Begin, has been out since May. Now that you’ve had some time to see people react to it, what has surprised you the most about the response? Are there songs that listeners have connected with in ways you didn’t expect?
Kitty: Sonically it is a big leap from Bloodsuckers and I think I expected there to be more negativity about that, but I really haven’t seen one negative comment. The rock and metal community can be pretty resistant to change, but it seems we have attracted a fanbase that are with us on our journey, wherever that may take us.
Jon: There was also a point in time where the song Good Boy was only about 50% certain to make the cut, so seeing the love for that song shows that you really can’t predict what will resonate with people. Just make the art you love and the rest is out of your hands.
MU: Let’s go back to the origins of Saint Agnes. When the band first came together, what kind of music did you want to create, and how different is that original vision from the band we hear today?
Kitty: We have never really changed in our approach, we just make the music we want to hear and what we want to play. If Jon and I are excited by fuzzy guitars then that’ll feature heavily. Or if we like the idea of layering synths and the challenge of making something that we are excited by using that sonic palette, then that is what we will do. That, coupled with the life we are living colouring the lyrical content, makes for a lot of development.
The first album was all about escapism, creating a lawless land of angels, demons and dark characters that inhabited our fantasy version of Silvertown, the part of London we were living in, while dying at desk jobs.
By the time we did Bloodsuckers we were interested in more personal, reflective lyrical ideas, and then out of the blue my Mum passed away, just as we began recording. So that pain and anger filled that record.
MU: The name Saint Agnes is interesting considering the darkness, rebellion and religious imagery surrounding the band. Saint Agnes of Rome is traditionally remembered as a symbol of purity and faith. What originally attracted you to that name, and has its meaning evolved alongside the band?
Kitty: Choosing a band name is a weird process. Before you even know what you are, you have to name yourself. Saint Agnes appealed for a lot of reasons, but mostly because it’s the name of a small town near where I grew up that is known locally as The Badlands due to its hostile surf community. With my interest at the time being around the vast, sweeping music and themes in cowboy films, it felt like a fitting connection.
As time has passed and we have developed as a band, the traditional religious symbolism relating to Saint Agnes has become more relevant. I’m an ardent feminist, a champion of the underdog and also really into gardening. All things Saint Agnes has been associated with.
MU: Your sound brings together industrial, goth, alternative metal, electronic music and even pop elements. What did you grow up listening to, and which artists made you realize that music didn’t necessarily have to stay within one genre?
Jon: Neither of us have ever been so into one type of music that it was a given that that was what we’d make, at the exclusion of all else. I sometimes envy people who just love one thing, say doom metal, so they have a scene to neatly fit into, a style of logo to make, a type of record to make, a tradition and culture to follow. It seems relaxing, but ultimately it just doesn’t interest us enough.
Kitty: For us the key defining thing that attracts us to an artist is authenticity. I feel like I can hear inauthenticity a mile off and it means there’s a lot of music that just does nothing for me. But the bands that do interest me totally obsess me. Because authenticity isn’t locked to one genre, it means I can hear it and be inspired by Nick Cave, Nine Inch Nails, PJ Harvey, Sepultura, Charli XCX and a live performance by Ennio Morricone’s orchestra all in a week.
MU: Industrial music has always had an interesting relationship with the mainstream: sometimes breaking through, sometimes disappearing back into goth clubs and the underground. We now seem to be experiencing another wave of it. Why do you think this sound keeps finding new generations?
Kitty: I don’t think we are best placed to comment on a scene of any sort, as we never seem to fit in. We have never really been part of a scene, so I find it hard to understand how or why they ebb and flow. My guess is that enough time has passed that people are discovering it with fresh ears, and minds unclouded by whatever led to its demise the first time.
MU: On Your God Fearing Days Are About to Begin, Get Them Out has that darker industrial intensity that can bring Nine Inch Nails to mind, while The Father, The Son and The Holy Beast feels much more modern and genre-fluid. When writing, how do you know how far you can push in different directions without losing what makes something sound like Saint Agnes?
Kitty: We have no method at all, we just rely entirely on our own taste. We keep pushing in a direction until we are satisfied. We really don’t plan how a song might turn out, we just ask ourselves, ‘How do we hear the next part going?’ And make that. The complexity comes when that next part makes you reconsider what went before it, and you get into an ever-evolving loop.
When we listen back to earlier versions, though, we always prefer where we ended up. So the constant reinvention and the fluidity of the writing works for us.
MU: The album title immediately sounds like a warning: Your God Fearing Days Are About to Begin. Religion also appears throughout the imagery and song titles. What are you questioning or confronting through these religious references?
Kitty: The ‘God’ of the title is shorthand for something all-powerful. Each song is about a different kind of power and its effect on you. The Ghost is about the power people have over you if they ignore you, if they discredit you or deny your worth. The Blood Beat is about a narcissistic partner trying to mould someone into their idea of perfection, so they can admire themselves through their work. The Beast is about confronting the power of grief and learning to live alongside it, making friends with it.
MU: There’s an interesting contradiction in your music: it can sound violent and uncomfortable while still making you want to dance. How important is that physical reaction to your music? Do you want people to lose themselves on a goth dancefloor as much as they would in a metal pit?
Kitty: We didn’t overthink it, but as we were making the record we did become aware of how much we were enjoying the physical forward drive of what we were making. So we leant into it, embracing more danceability. The previous record, Bloodsuckers, was very pit-friendly, and we have moments of that here, but our main goal was just to make something that felt like it was always moving forwards.
MU: When you create a song, do you already see colours, clothing, movements or images in your head, or does the visual universe only begin once the music is finished? Who is involved in the writing and production process, and how much does it evolve once you enter the studio?
Kitty: That is exactly how I work. Jon has a million musical ideas he is excited about, and when he plays them to me there will be one that sets off an image in my head, or sounds like the soundtrack to a thought I have been having. At that point I use those images to really guide where the song goes.
Jon: Because we have no sonic rules, we have infinite options of where to go, so having a guiding vision like this really helps. We will discuss the way Kitty is seeing the song and write towards that goal.
MU: Here’s a slightly strange one: imagine someone discovers Saint Agnes without knowing what year the music was made. Would you rather they believe it came from a forgotten industrial club in 1996, from 2026, or from somewhere 20 years in the future? Why?
Kitty: I believe in the now. Our lives are the ones we have, the time we are existing in is what we have. As I gain more and more musical, artistic and life experience, the more I realise the truest expression and fulfilment comes from embracing right now. So I’d want someone to hear it as a record that could only have been made in 2026, by the people we are right now.
MU: Nine Inch Nails, Poppy and Lorde are very different references, yet all three somehow make sense when describing parts of your sound. Is that freedom between genres something you consciously protect, especially when the music industry constantly wants to put artists into categories?
Kitty: Being diverse has definitely made things a lot harder for us. If we just played the game and stuck to one tried and tested genre, we’d be further on in the industry. But it just isn’t who we are.
MU: You’ll soon tour with The Rasmus, who helped introduce a generation of listeners to darker alternative rock in the early 2000s. Some of those fans eventually went deeper into goth, electronic and heavier music. Do you feel Saint Agnes could have a similar impact by introducing a new generation to darker and more alternative sounds?
Kitty: We have met people who have told us we have been exactly that for them, and it is a beautiful thing.
It is an honour to be a band that opens doors for people, as I remember that feeling of discovery. One song and it feels like the whole world has shifted and there’s an unknown parallel universe right there, waiting to be discovered. I hope our defiance in being easily pinned down musically allows listeners to feel there are a lot of different, unexplored ways to be a rock band.
MU: That tour brings you to Toronto, Montreal and Quebec City in September, and Vancouver in October. You’ve built a reputation for intense and chaotic performances, so what can someone seeing Saint Agnes for the first time expect, and how different is the live version of the band from what we hear on the album?
Kitty: Our goal for each show is to reach a state where we totally lose control. The beauty of live music is the in-the-moment expression and the physicality of it all. We are in most ways still a DIY band, meaning we have 100 non-music jobs to do every day, and it can be a hard shift to go from that to channelling the original intention of the songs we wrote. But somehow we always manage to find a few seconds of nervous calm as our intro track plays, we remind each other why we are there, and we go out fighting.
In my normal life I am shy, awkward and introspective. The live performance is a battle against that version of myself and it results in a wild, joyous violence of feeling.
Jon: Every time I look at Kitty during a show I can see she is somewhere else, totally immersed in the music, and it inspires the same in me. We like a show to be a spectacle, but not a staged performance. I have no interest in musical theatre and no desire to be in a band that works in that way.
I think our shows are more like a sporting event, or a boxing match. There are rules, a starting time, a form that it’ll take within certain parameters, but what will happen, how it will go down, is all up in the air. That keeps things authentic and exciting for us and I never know if Kitty is going to be laughing with the audience between songs, or throwing a keyboard across the stage. I love it.
MU: Finally, let’s imagine Your God Fearing Days Are About to Begin isn’t an album but an actual place that opens its doors at midnight. Where are we, who is inside, what is playing, and most importantly… should we be worried about what happens before sunrise?
Kitty: The Blood Rave scene in Blade is a pretty good image to conjure up, but I like to think of it as being a little dirtier, darker, and that as well as the chaos there is joy. Joy in revelling in the carnage together.
































