Blind Guardian

9.5/10
Groupe
Blind Guardian
Album
The God Machine
Année
2022
Compagnie
Nuclear Blast Records
Format
Style
Pistes
01. Deliver Us from Evil 05:22
02. Damnation 05:21
03. Secrets of the American Gods 07:29
04. Violent Shadows 04:18
05. Life Beyond the Spheres 06:03
06. Architects of Doom 06:21
07. Let It Be No More 04:49
08. Blood of the Elves 04:38
09. Destiny 06:47

PAR SYLVAIN CARRIER

L’excitation de tout amateur de power metal était palpable cette semaine, avec la sortie du plus récent album de la légendaire formation Blind Guardian, The God Machine. 7 ans (oui oui, 7 ans!) après Beyond the Red Mirror, si on passe sous silence l’album orchestral Legacy of the Dark Lands, qui se voulait un projet plus ou moins relié au groupe lui-même, on nous parlait d’un retour aux sources pour le groupe allemand. Décrit comme étant l’album le plus speed metal depuis les années ’90, le pari est-il réussi?

Commençons par la conclusion, tiens: The God Machine est de LOIN le meilleur album de Blind Guardian depuis Nightfall in Middle-Earth. À l’exception d’une seule pièce (nous y reviendrons), il s’agit d’un album aux rythmes effrénés, épiques, qui nous ramène effectivement aux racines plus agressives du groupe, sans toutefois sacrifier les mélodies inspirantes auxquelles nous ont habitué Hansi Kürsch et sa bande. Ceux qui étaient moins charmés par la présence d’orchestrations symphoniques et par les airs plus progressifs du groupe y trouveront leur compte, soit, mais The God Machine saura sans doute plaire à tout amateur de heavy metal qui se respecte!

Deliver Us From Evil démarre The God Machine sur les chapeaux de roues, avec un Hansi en grande forme, sa voix étant toujours selon l’auteur de ces lignes l’une des plus intenses du heavy metal, tous genres confondus. L’air n’est pas sans rappeler l’époque de Somewhere Far Beyond (oui oui, croyez-le ou non!), et personne ne s’en plaindra. Frederik Ehmke est toujours aussi efficace à la batterie et on ne peut que se laisser aller au headbang; impossible de résister… et c’en sera ainsi pour l’album presqu’entier!

Damnation ne laisse pas sa place, étant toute aussi agressive et mélodique que la pièce initiale. Le refrain est davantage dans ce à quoi nous avait habitué Blind Guardian dans les dernières années; une pétarade de choeurs épiques qui nous fait lever le poing au ciel en hurlant. Fascinant! Secret of the American Gods, qui traite du roman de Neil Gaiman American Gods, se veut une pièce mid-tempo qui nous présente Hansi Kürsch et sa voix unique dans toute sa splendeur. Une chanson absolument extraordinaire, qui gagne à être écoutée et réécoutée en boucle pour en saisir toutes les subtilités, et qui est probablement la pièce la plus épique écrite par les Allemands depuis Wheel of Time en 2010.

On revient rapidement au headbang avec Violent Shadows, qui est encore une fois sublime. Blind Guardian avait surpris tout le monde il y a deux ans durant un épisode du Wacken Open Air présenté en mode virtuel durant la pandémie en jouant cette nouvelle pièce. Un refrain catchy comme pas un, la voix rauque de Kürsch qui nous rappelle le bon vieux temps et des riffs complètement fous de Marcus Siepen et André Olbirch. Fou raide! Life Beyond the Spheres donnera un répit à notre pauvre cou meurtri par la suite, proposant un rythme plus standard et un riff rappelant étrangera Kashmir de Led Zeppelin. Cette pièce a un son enivrant, pesant, et sort des sentiers battus, ce à quoi Blind Guardian nous a habitué à travers les années; la stagnation, ce n’est pas pour eux, définitivement! Je me suis surpris à fredonner le refrain de Life Beyond the Spheres au travail; un ver d’oreille instantané.

Architects of Doom suit ensuite avec les couplets les plus agressifs depuis I’m Alive en 1996, un feu roulant! Vraiment, le retour aux sources promis ne peut qu’être constaté encore davantage sur cette pièce, dont le refrain est toutefois un peu fade et rappelle les sonorités caractéristiques de Demons and Wizards davantage que celles propres à Blind Guardian. Let It Be No More suivra, une jolie ballade souffrant de l’inévitable comparaison avec les classiques du groupe comme The Bard’s Song (inatteignable) et Skalds and Shadows, par exemple. Après quelques écoutes, cependant, on y constate une émotion palpable, intense, et lorsque l’on constate qu’Hansi Kürsch a écrit cette pièce pour parler du décès récent de sa mère, on ne peut rester indifférent. À en frissoner encore et encore!

Ce qui nous amène, selon moi, à la meilleure pièce de Blind Guardian depuis près de 25 ans : Blood of The Elves. Il y a bien eu Voice in the Dark, Ride Into Obsession et Wheel of Time qui nous ont impressionné récemment, mais Blood of the Elves est un pur chef d’oeuvre de power metal et constitue un morceau qui sera probablement joué par les bardes jusqu’à la fin de leur carrière. Agressive, mélodique (on se répète, que voulez-vous!), avec un refrain hallucinant, la pièce qui traite de la populaire série The Witcher est tout ce qui caractérise la brillante carrière de Blind Guardian. Une pièce incontournable à écouter à tout prix!

Ça sonne comme une note parfaite, n’est-ce pas? Hé non. Destiny, la dernière pièce de l’album, est une déception amère après 8 chansons absolument parfaites. Nous ayant habitués à des fins d’album incroyables, Destiny est selon moi la moins bonne pièce de la discographie entière de Blind Guardian, et ce malgré plusieurs écoutes et tentatives d’y trouver un intérêt quelconque. Certains aimeront peut-être; tant mieux pour vous et pitié, éclairez ma lanterne pour que j’y vois la lumière, puisque rien n’y fait. Progressive (pas un défaut en soit, évidemment), lente, incongrue, Destiny ne lève pas à quelque moment que ce soit durant ses presques 7 trop longues minutes. Une triste fin pour un album rodé à merveille.

Malgré cet écart, il va sans dire que The God Machine est une production absolument sensationnelle qui résonnera dans les chaumières des amateurs de Blind Guardian pendant longtemps. Impossible de faire prendre la poussière à un album d’une qualité aussi exceptionnelle; Blind Guardian est de retour! Souhaitons un passage en sol québécois dans les prochains mois pour que nous puissions acclamer les plus grandes légendes du power metal comme se doit!

PAR SYLVAIN CARRIER

🎧 Pour commander l’album / stream : https://blindguardian.bfan.link/the-god-machine.yde

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Marc Desgagné

Marc Desgagné