26:09:12 – Third Line / Downstater (Granby)

Spectacle: Le 12 septembre 2026 au OBLON Pinte & Bouffe de Granby
Organisateur: Third Line
Photographe: Gabriel Landry
Compte-rendu: Gabriel Landry

PAR GABRIEL LANDRY
[Critique du spectacle | Photographe]
[GL Instant Photography]

Downstater et Third Line à l’Oblon : quand l’acoustique rapproche tout le monde

Granby — 12 septembre 2026

Il y a quelque chose de particulier à voir des musiciens habitués à faire vibrer une salle entière se retrouver presque dépouillés de tout ce qui fait habituellement leur force.

Pas de mur d’amplificateurs. Pas de batterie qui cogne dans la poitrine. Pas de distorsion qui vient remplir chaque espace entre deux notes.

Seulement des voix, des guitares, des tables occupées et un public venu passer la soirée avec Downstater et Third Line.

C’est dans cette formule beaucoup plus intime que les deux formations se sont succédé hier soir à l’Oblon de Granby, transformant l’endroit en une petite salle de spectacle où la proximité avec les artistes devenait presque aussi importante que la musique elle-même.

Et si certains pouvaient se demander ce que devient l’énergie punk lorsque l’on retire une bonne partie de son attirail électrique, la réponse était finalement assez simple :

Elle ne disparaît pas. Elle devient plus humaine.

Downstater : l’énergie, sans le mur de son

Lorsque Downstater prend place, le changement de décor est immédiat. Le groupe, habitué à évoluer dans un univers punk rock beaucoup plus explosif, doit ici fonctionner avec une tout autre dynamique.

Dès les premières notes de « World on Fire« , quelque chose s’installe. Alors que Jean-Philippe entame la chanson, nos regards se croisent.

Pendant quelques secondes, ce n’est plus simplement lui qui chante devant une salle : on chante ensemble.

Autour de nous, les voix s’élèvent elles aussi, jusqu’à transformer complètement l’atmosphère de l’Oblon. Et cette énergie ne retombe pratiquement jamais.

Tout au long du set de Downstater, le public chante à tue-tête. Les paroles semblent appartenir autant aux gens dans la salle qu’au groupe lui-même. Dans cette formule acoustique, chaque voix devient encore plus perceptible, chaque refrain semble rapprocher les musiciens et le public d’un cran. On assiste moins à un spectacle qu’à une rencontre.

À un moment, JP prend même le temps de souligner l’ambiance qui règne dans la salle. Parmi tous les spectacles que le groupe a donnés cette année, il affirme que celui-ci est celui qui lui a fait lever les poils des bras autant.

Et difficile de lui donner tort. Parce que ce qui se passe devant nous dépasse la simple performance musicale.

Il y a quelque chose de viscéral dans cette salle qui reprend les chansons avec le groupe, avec cette impression que, pendant quelques minutes, tout le monde connaît les mêmes mots, ressent la même chose et chante dans la même direction.

Mais c’est juste avant « Finish Line » que la soirée prend une tournure encore plus personnelle.

JP s’arrête et nous parle de cette réalité que l’on préfère souvent éviter : on ne sait jamais quand tout peut se terminer, pour nous comme pour quelqu’un qui nous est cher.

Son message est simple : profiter de chaque instant.

Dans une soirée où les chansons parlent déjà d’émotions bien humaines, ces quelques mots résonnent particulièrement fort. Parce que tout le monde présent dans cette salle sait, au fond, qu’il a raison.

On ne contrôle pas toujours la durée des choses. On ne sait pas combien de moments il nous reste avec certaines personnes, ni quand une soirée comme celle-ci deviendra elle-même un souvenir.

Puis les premières notes de « Finish Line » retentissent. Et, soudain, les paroles prennent un tout autre poids.

Le public reprend le morceau avec lui, comme s’il venait de nous rappeler pourquoi nous étions justement là : pour vivre le moment pendant qu’il existe.

La formule acoustique aurait pu rendre Downstater plus vulnérable. Elle l’a plutôt rendu plus proche.

Et lorsque la dernière note résonne, une chose est déjà évidente : la soirée vient à peine de commencer, mais le public de l’Oblon vient de placer la barre très haut

DOWNSTATER

Third Line : quand Granby se rapproche

Si Downstater avait réussi à créer une proximité particulière avec le public, l’arrivée de Third Line allait pousser cette sensation encore plus loin.

Il suffit de regarder autour pour comprendre.

Une bonne partie de la salle est venue spécialement pour eux. Et pour cause : le groupe vient de Granby. Ce soir, le groupe joue donc pratiquement à domicile.

À mesure qu’ils s’installent, les gens se rapprochent.

Les tables et les chaises semblent soudainement perdre leur importance. Le public se resserre autour du groupe, comme si chacun voulait gagner quelques pieds de proximité supplémentaires.

Et lorsque les premières notes résonnent, la réponse est immédiate. Les gens chantent.

Encore.

Et cette fois, ils connaissent visiblement chaque mot.

La formation nous offre 10 chansons, avant de revenir pour un rappel qui portera finalement le nombre total de morceaux à 11. L’ambiance ne cesse de monter au fil de la prestation. Le format acoustique demeure, mais la distance entre les artistes et son public semble avoir complètement disparu.

Parmi les chansons présentées se trouve « Sunset« , l’une de mes pièces favorites.

Dans cette formule acoustique, la chanson prend une dimension particulièrement agréable. Dépouillée de l’artifice d’une grosse production, elle permet de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la mélodie, les voix et l’émotion qui se dégage du morceau.

Puis vient le rappel. Et le choix est pour le moins efficace : « Perfect » de Simple Plan. Une chanson que plusieurs spectateurs connaissent manifestement par cœur.

Les voix s’élèvent à nouveau dans l’Oblon et, une dernière fois, le public chante en chœur.

À ce moment-là, il n’y a pratiquement plus de séparation entre Third Line et les gens devant eux. Il n’y a plus vraiment de scène, plus vraiment de frontière.

Seulement un groupe de Granby qui joue ses chansons et un public qui les chante avec lui.

Ils jouent devant les leurs.

Et lorsque les dernières notes de « Perfect » disparaissent, on réalise que Third Line vient de terminer la soirée exactement comme elle avait commencé : avec des musiciens et un public qui partagent le même moment.

Quand le silence devient aussi important que la musique

Ce qui restera probablement le plus de cette soirée n’est pas nécessairement un moment spectaculaire. C’est plutôt cette atmosphère.

Cette sensation d’être suffisamment près pour voir les expressions des musiciens. D’entendre une voix sans qu’elle soit noyée derrière un mur de guitares. De voir une chanson prendre forme devant soi.

Dans un contexte où les spectacles cherchent souvent à être toujours plus gros, plus forts et plus impressionnants, Downstater et Third Line ont choisi l’inverse. Réduire.

Et paradoxalement, cette réduction a permis de faire ressortir quelque chose de plus grand : l’humain derrière la musique.

Downstater nous a rappelé l’importance de profiter du moment. Third Line nous a montré ce que ça donne lorsque ce moment est partagé avec une salle entière.

Deux groupes.

Deux prestations.

Une formule acoustique.

Et un public qui n’a pratiquement jamais cessé de chanter.

THIRD LINE

Conclusion

En quittant l’Oblon, il reste finalement une impression assez particulière. Celle d’avoir assisté à quelque chose de simple, mais qui avait une véritable importance.

Pas de grande mise en scène. Pas besoin d’en mettre plein la vue. Seulement des musiciens, leurs chansons et un public qui avait envie d’être là.

Dans une époque où tout va vite, où l’on filme parfois les moments avant même de les vivre et où l’on pense déjà à ce qui vient après, cette soirée rappelait quelque chose d’essentiel : certains moments méritent simplement d’être vécus.

Le 12 septembre à Granby, Downstater et Third Line n’ont peut-être pas rempli l’Oblon de décibels. Ils l’ont rempli de voix.

Et lorsque tout le monde a finalement cessé de chanter, il ne restait plus qu’une chose à faire : profiter du silence et réaliser qu’on venait justement de vivre un moment qui ne se reproduira jamais exactement de la même manière.

Parce qu’au fond, c’était peut-être ça, le véritable thème de cette soirée. Être là. Maintenant. Et ne pas laisser passer le moment.

Gabriel Landry – GL Photography

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Marc Desgagné

Propriétaire MetalUniverse.net | Originaire du Saguenay | Ville actuelle, Québec (Canada)

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