GWAR – Entrevue avec le chanteur Blothar

En marge du plus récent album de GWAR, le chanteur Blothar a accordé une entrevue à notre journaliste Jonathan Gamache pour MetalUniverse.net :

MU : Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est le concept de « New Dark Ages »?

B : C’est le nom de notre nouvel album et qui explique le retour vers le passé que les gens semblent effectuer. On voit plusieurs choses aujourd’hui que nous pouvions voir dans les années 1200 et 1300, comme la suspicion, les théories du complot, de ne plus faire confiance à la science, les technologies de l’information qui sont problématiques vu les crises de foi des humains.

MU : Vous lancez également une bande dessinée en même temps. Est-ce qu’il est nécessaire de la lire pour apprécier l’album?

B : Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de la lire, mais c’est un complément à l’album. C’est la première fois que nous avons fait ça. Chaque album de GWAR est en quelque sorte un album concept, mais c’est la première fois que nous créons une bande dessinée pour accompagner un album. Nous sommes excités, car ça nous permet de compléter nos paroles et notre musique.

MU : Et quelle est l’histoire de la bande dessinée?

B : Ce n’est pas identique à The New Dark Ages. C’est l’histoire de GWAR dans le « Duoverse of absurdity ». C’est donc GWAR qui est coincé dans un univers alternatif où nous rencontrons nos opposés. C’est un peu comme rencontrer notre négatif que nous combattons.

MU : Est-ce que la pandémie a eu une influence sur The New Dark Ages?

B : Oui, absolument! Premièrement, ça n’aurait certainement pas pris 5 ans pour sortir un putain d’album (rires)! Il était prêt, mais ça aura permis de l’améliorer. Nous avons mis plus de temps dessus. La pandémie aura modifié certains des thèmes qui sont abordés sur l’album, comme l’humain qui perd pied et le pouvoir de l’information et de la désinformation. Nous aurons fait ce que nous avons fait d’une manière ou d’une autre, mais ça a aidé. Aux États-Unis, il y a eu beaucoup de changements sociaux dans cette période et il y a une chanson que nous avions écrite avant la pandémie qui traitant d’un groupe de statues de la Guerre civile qui venaient à la vie. Puis, ces statues ont été retirées pendant la pandémie à cause des protestations et de la Guerre civile. Nous avons eu à changer la chanson.

MU : Il s’agit du 2e album depuis la mort de votre premier chanteur. Comment est-ce que sa mort a changé la manière dont le groupe écrit la musique?

B : Il était un excellent pour écrire les paroles et il était drôle. Je crois que peu importe le sujet, ce qu’il chantait sonnait comme du GWAR. Sa mort nous a forcés à redéfinir notre son. Évidemment, sa voix était polarisante et pas tout le monde n’aimait son sens de l’humour. Sa voix et son sens de l’humour particulier étant partis, nous devions écrire des chansons différemment. Nous n’avons pas tenté de remplir ce vide, car c’est un vide qui ne peut pas être rempli. Nous avons seulement tenté de faire les choses différemment et je crois que nous avons réussi.

MU : Quelles sont les plus grandes influences de GWAR?

B : Les gens entendent GWAR et pensent à Kiss et à Alice Cooper et aux autres groupes Shock Rock. Il y a certainement une part de ça. Contrairement à ces groupes, GWAR est produit par un collectif d’artistes qui travaillent ensemble. Nous créons le cœur qui fait avancer le groupe. C’est une œuvre de collaboration, contrairement aux autres groupes, à l’exception peut-être de Lordi qui crée ses propres costumes, qui généralement engagent des gens pour créer le tout. Nos influences proviennent également des bandes dessinées, des films d’horreur, des comédies, de la science-fiction, de la fantasy. Au niveau musical, il y a les classiques, comme Black Sabbath, Deep Purple, et de la musique plus récente, du punk comme Killing Joke qui nous influence beaucoup. Nous aimons également beaucoup les groupes qui ont une histoire, comme Devo.

MU : Sur la piste The Cutter, il y a la participation de Lzzy Hale de Halestorm, comment est-ce que cette collaboration est arrivée?

B : Nous partageons la même compagnie de management et elle était dans l’un de nos podcasts. Certains de nos fans nous ont fait des reproches, mais que vous n’aimiez ou pas Halestorm, Lzzy est l’une des plus talentueuses, sans aucun doute. Elle a performé à un niveau incroyable, et c’est ce que nous voulions. Elle a même fait plus! Elle est devenue une amie du groupe et elle était enchantée de le faire.

MU : L’album se termine avec trois chansons avec les mots « Death Whistle Suite » dans le titre. Que pouvez-vous nous dire relativement à ces chansons?

B : Il s’agit de trois chansons qui proviennent de rythmes tribals de groupes indigènes du sud-ouest des États-Unis qui croient être des vestiges de la culture aztèque. Ils recréent une scène de sacrifice humain. Sur la troisième piste, nous avons fait une très longue fin pour que les gens puissent être high en écoutant GWAR (rires).

MU : Lorsque vous avez lancé Hell-O en 1989, pensez-vous que vous conserveriez la thématique des monstres 30 ans plus tard?

B : (Rires) Nous pensions que ce serait différent, mais nous avons toujours su que nous faisions quelque chose qui allait durer. D’une certaine manière, ce n’est pas surprenant. Ce n’est pas seulement 5 gars sur la scène, c’est toute une organisation et même une philosophie qui nous fait sentir plus grand que seulement les membres.

MU : Quel a été le plus gros défi de GWAR?

B : Je crois que c’est d’amener les gens à écouter GWAR. Il y a tellement à voir. D’une certaine manière, les gens qui prennent la musique trop au sérieux nous regardaient en disant que nous ne prenions pas la musique au sérieux. Mais c’est une énorme erreur! Je crois que nous avons fait de la très bonne musique depuis très longtemps. Une chose que GWAR n’a pas faite, et ne fera jamais, c’est rentrer dans le moule. Nous sommes chanceux de ne pas l’avoir fait, car nous n’avons pas à toujours faire le même album. Mais je comprends les groupes qui le font, car ils en sont récompensés. Nos fans sont des gens qui aiment les films, l’horreur et qui ne prennent pas le monde trop au sérieux. Et ces gens-là savent que la musique de GWAR est importante.

MU : Est-ce que vous avez des regrets?

B : Pas vraiment. Cependant, lorsque nous avons débuté GWAR, l’objectif était de faire comme Devo qui avait fait un excellent premier album punk rock avant de refaire l’album avec des éléments de pop. Par la suite, ils ont intégré le concept d’évolution et ils sont devenus plus étranges, mais c’était un projet artistique. Notre plan était de faire quelque chose de similaire. Malheureusement, contrairement à Devo, nous n’avons pas eu de succès nous permettant de définir ce que les gens s’attendent de GWAR puis de faire le contraire (rires).

MU : Combien de temps est-ce que ça prend pour vous préparer pour un spectacle?

B : Environ 30 minutes pour les costumes, mais presque la journée pour tout mettre en place.

MU : Voulez-vous dire quelques mots à vos fans?

B : Simplement de venir nous voir et d’écouter nos albums! Nous adorons Montréal, nous avons une longue histoire avec la ville et espérons revenir rapidement.

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Marc Desgagné

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