À l’approche de leur tournée automnale en co-tête d’affiche, Shagrath et Silenoz de Dimmu Borgir ainsi que Nergal de Behemoth se sont réunis pour une entrevue spéciale réalisée par Mystic Festival et Knock Out Productions. Elle a été mise en ligne le 31 juillet 2026.
Au cours de la discussion, les trois musiciens abordent notamment les critiques et la haine qui accompagnent leurs groupes depuis des années, leur refus de faire des compromis, leurs débuts dans l’underground au début des années 1990, leur évolution respective et leur longévité. Ils parlent également de leur passion toujours intacte après plus de trois décennies, de leur définition du succès, de leur dévouement à leur art et des ressemblances entre Dimmu Borgir et Behemoth. La conversation laisse également planer la possibilité qu’une collaboration entre les deux formations ait déjà été enregistrée.
Entrevue originale : Mystic Festival et Knock Out Productions
À propos de la perception parfois polarisante entourant les deux groupes et de la façon dont les critiques peuvent aussi devenir une source de motivation :
Nergal : Je pense que nos groupes sont très détestés. Probablement autant l’un que l’autre. Je veux dire, il y a des gens qui adorent ce que nous faisons, ce qui est incroyable, et cette tournée va vraiment en être la preuve. Mais il y a aussi beaucoup de haters. Et je pense, du moins selon moi, que c’est aussi quelque chose qui nous pousse à continuer, ce qui est formidable. Qu’est-ce que vous en pensez?
Silenoz : C’est définitivement du carburant pour alimenter le feu, vous savez. Et une autre chose que nous avons en commun, c’est que nous avons toujours été sans compromis depuis le premier jour. Et on ne peut pas dire ça de tous les groupes. Enfin, on peut probablement le dire de plusieurs autres groupes, mais nous sommes encore ici après plus de trois décennies, et on ne se rend pas aussi loin sans être intransigeant.
Shagrath : Oui. Je veux dire, nos deux groupes ont commencé très modestement dans l’underground et nous avons gravi les échelons, vous savez. Et comme tu l’as dit, sans compromis. Nous avons toujours regardé vers l’avant en développant nos groupes chacun de notre côté. Lui et moi faisions du tape trading au tout début des années 1990. Donc, oui, c’est très différent, mais aussi similaire d’une certaine façon.
Nergal : Je dirais que nous sommes comme les deux côtés différents d’une même pièce. Nous venons du même sous-genre du metal.
Nous avons ensuite développé nos propres sonorités et nous n’avons pas vraiment fait de compromis, même s’il y a évidemment eu beaucoup de changements et toutes sortes de choses. Ce qui est absolument essentiel, c’est que trois décennies et demie plus tard, nous sommes assis ici à parler de ce qui sera probablement notre plus grande tournée jusqu’à maintenant. Alors, laissons les actions parler plutôt que les mots.
À propos de ce qui pourrait arriver si les univers de Dimmu Borgir et Behemoth se croisaient davantage sur le plan musical :
Silenoz : Je pense que ça sonnerait très intéressant, parce que nous avons deux perspectives différentes et, lorsqu’elles se rejoignent, elles ne sont peut-être finalement pas si éloignées l’une de l’autre.
Mais nous avons définitivement certaines qualités distinctives qui font que nos deux groupes se démarquent. Et c’est aussi pour cette raison que nous sommes encore ici.
Shagrath : Dimmu Borgir est assez différent, mais il y a également beaucoup de ressemblances, parce que nous mélangeons, vous savez, la laideur avec la beauté, ce qui peut créer des résultats très intéressants. Donc, entendre une sonorité de Dimmu Borgir dans Behemoth, ce serait assez intéressant.
Nergal : Je ne sais pas si j’ai le droit de le dire, mais je vais dire qu’il y a peut-être déjà quelque chose qui a été enregistré.
À propos de leur longévité, de leur passion et de ce qui les pousse encore à continuer après plus de trois décennies :
Nergal : Pour moi, tout revient vraiment à aimer ce que je fais. J’ai toujours aimé ça et ça a toujours été la mission de ma vie.
Je n’ai pratiquement jamais eu un emploi normal de toute ma vie. Quand j’étais enfant, je jouais devant le miroir avec ma raquette de tennis en imitant Cronos. Et ensuite, plusieurs années plus tard, je me suis retrouvé côte à côte avec Cronos sur scène. Finalement, j’ai essayé d’atteindre ce qu’il représentait au Hammersmith Odeon en 1984 et 1985, et je pense que nous avons même réussi à dépasser cela, nos deux groupes. Pour moi, ça a toujours été une mission, une dévotion absolue envers mon art et ma passion. Donc, oui, c’est ça pour moi.
Silenoz : C’est pas mal la même chose pour moi. Sauf que c’était Twisted Sister, et j’avais une tapette à mouches plutôt qu’une raquette de tennis, mais c’est assez proche. Je pense que la raison pour laquelle nous sommes encore ici et que nous sommes rendus aussi loin de plusieurs façons, c’est parce que nous ne réfléchissons pas vraiment en termes de succès ou d’échec. Ce n’est pas notre objectif. Notre objectif est d’accomplir ce que nous avons décidé de faire, c’est-à-dire créer de la bonne musique que nous aimons nous-mêmes. Et si nous aimons ce que nous faisons, il doit forcément y avoir beaucoup de gens quelque part qui vont également aimer ça.
Nous avons toujours eu des haters, comme tu le disais, et c’est très bien, surtout maintenant au cours des dernières années, parce que les algorithmes font encore plus la promotion des groupes de cette façon. Alors, nous sommes reconnaissants pour tout.
Shagrath : Oui, et je pense que ça revient vraiment au dévouement. Si vous regardez Behemoth, je ne connais personne qui travaille plus fort que Nergal. Il mérite tout ce succès, et c’est simplement incroyable à voir. C’est du dévouement pur envers son art. Et la même chose s’applique à Dimmu Borgir, à moi et à Silenoz. Pour nous, c’était tout ou rien. Nous nous sommes lancés là-dedans. Il n’y avait pas de plan B. Et nous sommes encore aujourd’hui aussi passionnés que nous l’étions il y a 32 ans. Ça veut dire quelque chose.
Entrevue originale:





















