Spectacle: Le 18 avril 2026 à l’Olympia de Montréal
Organisateurs: Extensive Enterprise, Heavy MTL
Photographe: François Morisset
Compte-rendu: Marc Desgagné

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[M7 Photographie]

[Critique du spectacle]
[Propriétaire MetalUniverse.net | MU Média]
Helloween, quatre décennies de metal réunies sur scène
Huit ans après leur dernier passage au Québec, la formation power metal allemande légendaire Helloween était enfin de retour le 18 avril dernier à l’Olympia de Montréal. Ce seul arrêt au Québec soulignait d’ailleurs les 40 ans de l’existence du groupe. Une histoire qui est célébrée avec respect et la présence de Kai Hansen et Michael Kiske, qui ont fait leur retour avec eux en 2017, et Andi Deris. On a tendance à oublier que Deris est avec le groupe depuis 30 ans (1994), ce n’est pas rien! D’ailleurs, les fans étaient prêts! Le spectacle a affiché complet depuis plusieurs mois. Il est difficile de comprendre pourquoi ce n’est pas la Place Bell qui les accueillait. Pour cette tournée, la première partie était assurée par Beast in Black, qui font clairement partie de cette nouvelle vague de power metal. Ce sont donc deux univers bien différents qui se côtoyaient entre le power metal classique versus le modern power metal.
Pour ce qui est du groupe metal finlandais Beast in Black, il n’en était pas à leur premier passage, malgré que leur dernier remontait à 2023. Il y avait un absent de taille. Avant la tournée, le guitariste/back vocal Anton Kabanen, qui demeure le membre fondateur, a annoncé qu’il n’allait pas les accompagner afin de terminer la préparation du nouvel album. Même si on peut comprendre le point et les délais, les critiques ont été assez virulentes de la part des fans qui évoquent un manque de respect. D’ailleurs, nous sommes plusieurs à avoir ressenti cette absence sur scène à Montréal et que ça enlevait un peu d’énergie au groupe.
En lien avec les critiques, ce n’est pas pour rien que le chanteur Yannis Papadopoulos a été très clair avec les fans que le groupe serait de retour au Canada en 2027 pour une tournée avec un nouvel album en poche. En ce samedi soir, Beast in Black s’est concentré sur ses gros classiques et ce fut efficace. Quelques mots en français et une bonne communication avec la foule, les membres restent de bons showmen et on sait qu’on a toujours un show divertissant et c’est ce qu’on a eu. Évidemment, comme je le mentionnais, il y a beaucoup de sampling, assez populaire maintenant, mais qui clash un peu avec le son old school du groupe allemand qui allait conclure la soirée. Personnellement, je crois que le mix était intéressant et permettait de bien combiner les diverses générations du public. Avec « seulement » deux groupes pour la tournée, ils nous ont quand même proposé 10 chansons en débutant par Power of the Beast, Hardcore, tandis qu’on nous a aussi proposé Born Again, From Hell With Love, Die by the Blade ou One Night in Tokyo. Seul détail avec BiB, c’est que certaines chansons se ressemblent, mais c’est accrocheur et donne le goût de faire le party. En terminant avec Blind and Frozen et No Surrender, le groupe prépare les fans pour la longue épopée qui allait suivre.
BEAST IN BLACK
















Après de multiples demandes, Helloween faisait son retour au Québec! La question qui est légitime de se poser : pourquoi à l’Olympia? Avec un show sold out rapidement, aucun arrêt à Québec, la Place Bell était tout indiquée. Lorsque les premières notes de Let Me Entertain You de Robbie Williams ont débuté pour mettre la table, l’excitation était à son comble. La veille, Slaughter to Prevail était dans la même salle et les commentaires étaient unanimes sur la mauvaise qualité du son. Ce soir? Les doutes ont rapidement été dissipés. La qualité du son était au rendez-vous, mais ce n’était pas tout. Un écran géant dominait la scène, accompagné de deux écrans de grandes dimensions de chaque côté, ainsi que de nombreuses lumières verticales fines qui formaient un véritable mur lumineux, sans jamais être agressantes. À cela s’ajoutaient une batterie installée sur une plateforme surélevée et plusieurs éléments visuels. L’ensemble créait un visuel impressionnant, rarement vu à l’Olympia. En spectacle, il est important de souligner les nombreux efforts d’Helloween pour s’adresser à la foule en français, ce qui est toujours apprécié. Lorsque Kai Hansen a pris le micro, on a rapidement compris que c’était lui qui était le plus à l’aise. On sait à quel point notre langue n’est pas la plus facile!
Il est important de souligner les multiples tentatives de s’adresser à la foule en français, ce qui est toujours apprécié. Lorsque Kai Hansen a pris le micro, on a rapidement compris que c’était lui qui était le plus à l’aise. Pas facile, notre langue!
Le spectacle commence avec un montage vidéo proposant une rétrospective de leur longue discographie, qui était tout indiqué pour souligner ce 40e anniversaire du groupe. Cependant, ça ne s’arrêtait pas là. Plusieurs capsules vidéos de leur mascotte Jack O. Lantern ont été diffusées tout au long de la soirée entre certaines chansons pour faire une mise en contexte, parler à la foule. Cet aspect était simplement magique. Des fans attentifs à chaque discours, chaque message vidéo. Pour chacune des chansons, l’écran géant proposait un visuel unique dédié aux chansons. Visuellement, c’était magique et digne des gros shows, qui auraient mérité une plus grande salle. Mais est-ce que les musiciens et les voix allaient suivre? Après tout, ils ne sont plus si jeunes. Les sceptiques ont été confondus. La bande était en superbe forme pour ce marathon de 2h40 minutes incluant 22 chansons. Ce qui est le plus hallucinant, c’est qu’ils ne se sont pas contentés de faire un spectacle : ils nous ont fait vivre une expérience musicale unique. La communication avec la foule, le naturel des vétérans, une foule intense, qui ne passait pas leur temps à filmer avec le cellulaire. Il y a toujours, et je ne sais pas si c’est parce que c’était la vieille garde power metal qui était là (j’en fais partie, alors ne le voyez pas mal), mais j’ai eu l’impression que la grande majorité des fans était là pour vivre le moment présent.
Helloween était sur scène ce soir avec Markus Grosskopf à la basse, Michael Weikath à la guitare, Kai Hansen à la guitare et au chant, Michael Kiske au chant, Andi Deris au chant, Sascha Gerstner à la guitare et Dani Löble à la batterie. Vous étiez plus loin? Il y avait des caméras qui transmettaient des séquences des musiciens sur l’écran géant. Tous les musiciens étaient dans une forme grandiose. Que dire de Andi Deris et Michael Kiske? On dirait qu’ils sont des amis d’enfance. La synergie que ce band démontre est folle. Aucune animosité, jalousie, juste du plaisir. Le duo a même fait une reprise acoustique de Yesterday au milieu du spectacle. On avait le feeling d’être assis autour d’un feu en plein été avec eux. C’était fascinant de les voir jaser et s’adresser à la foule.
Le trio de chanteurs se partage les diverses chansons de son répertoire, même si la présence de Hansen est principalement à la guitare. Kai Hansen s’est concentré surtout sur la guitare, en plus de chanter sur Heavy Metal (is the Law). Sa performance était superbe et intense, mais il n’a pas été très impliqué au niveau vocal pour l’ensemble du spectacle et ça m’a fait m’interroger sur quelque chose. Plusieurs désirent le retour de Gamma Ray, spectacle et album, mais est-ce qu’il serait en mesure de faire un set complet à lui seul? J’ai l’impression que c’est ça qui fait que le groupe a été mis sur la glace.
HELLOWEEN













Au cours de la soirée, on passe à travers des classiques, même si je sais que certains ont préféré la setlist de 2018. Il y a eu un solo hallucinant du batteur Dani Löble vers la fin du spectacle. Il est tellement naturel lorsqu’il échange avec la foule et mon collègue François Morisset a eu une réflexion sur laquelle je suis bien d’accord : une chance qu’il est plus jeune que les autres du haut de ses 53 ans. Quelle prestation! Et oui, il y avait même un drumcam autour de la batterie et en haut de la batterie, alors on voyait tout sur les trois écrans.
Des classiques, en veux-tu en v’là! De Future World, Ride The Sky, en passant par I Want Out et Halloween, on ne pouvait pas manquer Eagle Fly Free, Power et Dr. Stein. Une déception? (Que je partage avec certaines personnes sur place.) C’était dommage de seulement entendre le dernier refrain de Keeper of the Seven Keys pour terminer la soirée… mais elle dure quand même 13 minutes et je suppose que le groupe ne voulait pas trop la découper n’importe comment pour essayer de l’intégrer à la setlist. Il y avait déjà beaucoup de chansons de Keeper of the Seven Keys Part II, et dans un sens, l’album soulignera ses 40 ans en 2028… peut-être que? Helloween a quand même réussi à proposer 4 chansons du dernier album, Giants & Monsters (2025).
Dans l’ensemble, Helloween a proposé probablement l’un des meilleurs spectacles de l’année, oui il est encore tôt, et l’un des très bons des dernières années. Le power metal est bien vivant et c’est une chance de voir des vétérans être capables encore une fois d’offrir une telle expérience et qualité. Il y a l’âge, mais aussi la durée du spectacle. En proposant une tournée avec les 3 chanteurs de la formation, Helloween a fait ce que Iron Maiden aurait dû faire lorsque c’était encore possible. Ces soirées deviennent plus qu’un spectacle, ça devient un véritable événement.
Au niveau des rumeurs, il circule qu’il pourrait y avoir un dernier Keeper of the Seven Keys (après les Part I en 1987, Part II en 1988 et The Legacy en 2005), afin de clore la boucle. S’agirait-il d’un Part III ou d’un Part IV? Puisqu’il s’agit de la continuation des deux premiers, mais qu’il n’est pas clairement indiqué que The Legacy soit un Part III. Ce serait une belle façon de tourner la page, même si, avouons-le, nous n’avons pas réellement envie que ça s’arrête.
HELLOWEEN
















Setlist Helloween
- March of Time
- The King for a 1000 Years (version écourtée)
- Future World (avec intro « Gorgar »)
- This Is Tokyo
- We Burn
- Ride the Sky
- Into the Sun
- Hey Lord!
- Universe (Gravity for Hearts)
- Hell Was Made in Heaven
- Drum Solo
- I Want Out
- In the Middle of a Heartbeat (partielle, Kiske et Deris en solo, avec intro « Yesterday »)
- A Tale That Wasn’t Right (version écourtée, première moitié acoustique)
- A Little Is a Little Too Much
- Heavy Metal (Is the Law) (avec intro « We Will Rock You »)
- Halloween
Rappel :
18. Invitation
19. Eagle Fly Free
20. Power
21. Dr. Stein
22. Keeper of the Seven Keys (refrain final)
Setlist Beast In Black
- Power of the Beast
- Hardcore
- Sweet True Lies
- Born Again
- From Hell With Love
- Enter the Behelit
- Die by the Blade
- One Night in Tokyo
- Blind and Frozen
- No Surrender
ENGLISH version
Helloween, four decades of metal brought together on stage
Eight years after their last visit to Quebec, the legendary German power metal band Helloween finally returned on April 18 to the Olympia de Montréal. This sole stop in Quebec also marked the band’s 40th anniversary. A legacy celebrated with pride, highlighted by the presence of Kai Hansen and Michael Kiske, who rejoined the band in 2017, alongside Andi Deris. It’s easy to forget that Deris has been with the band for 30 years (since 1994), which is no small feat. Fans were clearly ready, as the show had been sold out for months. It’s hard not to wonder why the show wasn’t held at Place Bell instead.
For this tour, the opening act was Beast in Black, a band that clearly represents the new wave of power metal. It made for an interesting contrast between classic and modern power metal.
As for Beast in Black, this wasn’t their first time in Montreal, though their last visit dates back to 2023. However, there was a notable absence. Prior to the tour, guitarist and backing vocalist Anton Kabanen, the founding member, announced he wouldn’t be joining in order to finish work on the band’s upcoming album. While understandable, the reaction from fans was quite critical, many seeing it as a lack of respect. On stage, that absence was felt, slightly impacting the band’s overall energy.
In response to the criticism, vocalist Yannis Papadopoulos made it clear that the band would return to Canada in 2027 with a new album. On this Saturday night, Beast in Black focused on their biggest songs, delivering an effective and entertaining set. A few words in French and solid crowd interaction showed they remain strong performers. As expected, the use of sampling, now common in modern metal, contrasted with the more old-school sound of Helloween, who would close the night. Still, the mix worked well and helped bridge different generations in the crowd. With only two bands on the bill, they still delivered a solid 10-song set including Power of the Beast, Hardcore, Born Again, From Hell With Love, Die by the Blade and One Night in Tokyo. While some songs share similarities, they’re undeniably catchy and perfect for a party atmosphere. Closing with Blind and Frozen and No Surrender, they set the stage for what was to come.
After many requests, Helloween was finally back in Quebec. The question remains, why the Olympia? With a quick sellout and no Quebec City date, Place Bell seemed like the obvious choice. As Let Me Entertain You by Robbie Williams played to open the show, excitement reached its peak. The night before, Slaughter to Prevail had played the same venue, with widespread criticism of the sound quality. This time, any doubts were quickly erased. The sound was excellent.
Visually, the production was impressive. A giant screen dominated the stage, flanked by two large side screens, along with numerous vertical light bars forming a massive, yet never overwhelming, wall of light. The drum kit was elevated, adding to the overall stage presence. It was a level of production rarely seen at the Olympia. It’s also worth highlighting the band’s repeated efforts to address the crowd in French, which was greatly appreciated. When Kai Hansen spoke, it was clear he was the most comfortable. French isn’t the easiest language.
The show opened with a video montage revisiting the band’s extensive discography, perfectly fitting for a 40th anniversary celebration. Throughout the night, video segments featuring their mascot Jack O. Lantern added storytelling elements between songs. Visually, each track had its own unique presentation. It felt like a major arena production in a smaller venue. But would the musicians deliver? Any doubts were quickly dismissed. The band was in outstanding form for a 2 hour 40 minute set featuring 22 songs.
More than just a concert, it was a true musical experience. The chemistry, the interaction, the authenticity, everything felt genuine. The crowd was fully engaged, living the moment rather than watching through their phones. There was a noticeable presence of longtime fans, and it created a unique atmosphere.
Helloween took the stage with Markus Grosskopf on bass, Michael Weikath on guitar, Kai Hansen on guitar and vocals, Michael Kiske on vocals, Andi Deris on vocals, Sascha Gerstner on guitar and Dani Löble on drums. Cameras captured the musicians and projected them on the big screens, ensuring everyone had a clear view. The band was in top form. Andi Deris and Michael Kiske displayed incredible chemistry, like lifelong friends. No tension, just pure enjoyment. At one point, the duo performed an acoustic cover of Yesterday, creating an intimate, almost campfire-like moment.
The three vocalists shared the workload, though Hansen remained more focused on guitar, singing mainly on Heavy Metal (Is the Law). His performance was strong, though it raises questions about whether he could handle a full set alone, something fans often wonder about regarding Gamma Ray.
The setlist was packed with classics, even if some preferred the 2018 version. Dani Löble delivered an outstanding drum solo near the end, enhanced by a drum cam setup that gave fans a close-up view. Songs like Future World, Ride the Sky, I Want Out, Halloween, Eagle Fly Free, Power and Dr. Stein were all part of the night.
One minor disappointment, shared by several fans, was hearing only the final refrain of Keeper of the Seven Keys to close the show. Still, at 13 minutes long, it’s understandable. The band already included several tracks from Keeper of the Seven Keys Part II, which will celebrate its own 40th anniversary in 2028. The band also performed four songs from their latest album, Giants & Monsters (2025).
Overall, Helloween delivered one of the best shows of the year, and one of the strongest in recent memory. Power metal is alive and well. Seeing veteran musicians still capable of delivering such a performance is something special. With three vocalists sharing the stage, Helloween created more than just a concert, they created a true event.
As for the rumors, it’s being said that there could be a final Keeper of the Seven Keys (following Part I in 1987, Part II in 1988, and The Legacy in 2005) to close the loop. Would it be a Part III or a Part IV? Since it continues the first two, but it’s not clearly established that The Legacy is a Part III. It would be a great way to turn the page, even if, let’s be honest, we don’t really want it to end.























