25:01:30 – 70 000 Tons of Metal 2025 (Floride)

Spectacle: Du 30 Janvier au 3 février 2025 sur l’Independence of The Seas en Floride
Organisateur70 000 Tons of Metal
Photographe: Marc Desgagné
Compte-rendu: Marc Desgagné
Interviewer: Stéphan Lévesque

PAR MARC DESGAGNÉ
[Critique / Photos]
[Propriétaire MU Média – MetalUniverse.net]
13e édition du 70 000 Tons of Metal : destination Ocho Rios!

La 13e édition du 70 000 Tons of Metal s’est déroulée du 30 janvier au 3 février 2025, à bord du Independence of the Seas, avec un itinéraire reliant Miami à Ocho Rios en Jamaïque, avant le retour en Floride. Plus de 3 000 métalleux provenant de 81 pays se sont donné rendez-vous pour ce qui demeure la plus grosse croisière heavy metal au monde.

Pour MetalUniverse.net, il s’agissait d’une sixième couverture de cet événement unique. Ce n’est pas rien. Une chance incroyable de vivre une expérience hors du commun entouré de plus de 3 000 métalleux, 60 groupes, 120 spectacles sur quatre jours, de 10h le matin jusqu’à 6h le lendemain matin. C’est un marathon, autant physique que mental, mais c’est exactement pour ça qu’on y retourne.

Le retour sur le Independence of the Seas en 2025, après deux années consécutives sur le Freedom of the Seas, a été très apprécié. À la base, les deux navires se ressemblent beaucoup, mais une différence importante les distingue pour le 70 000 Tons, le Pool Deck. Sur l’Independence, ce sont principalement des colonnes qui bloquent très partiellement la vue, tandis que sur le Freedom, ce sont de faux palmiers beaucoup plus envahissants et franchement désagréables pour regarder les spectacles. Entre les deux, c’était vraiment agréable de retrouver les colonnes. Le Pool Deck est transformé en immense scène extérieure avec un parterre où se croisent les amateurs de metal pendant quatre jours. La scène est montée pendant que nous sommes encore au port avant de partir, une vraie course à la montre. Contrairement aux croisières standards, nous n’avons pas accès à cet espace avant le lendemain.

Il y a aussi quelque chose de vraiment spécial dans le fait de voir des formations metal performer sur un navire de Royal Caribbean. Le contraste entre la brutalité de la musique et le calme absolu de la mer est frappant. Assister à un set sur le Pool Deck avec l’océan à perte de vue, le vent chaud des Caraïbes et le soleil qui se couche tranquillement, c’est complètement surréaliste. On passe d’un mur de son à un silence presque total en quelques secondes, simplement en se déplaçant un peu plus loin. S’asseoir sur le balcon de la cabine la nuit, entendre le mélange de metal et le bruit des vagues, regarder l’horizon, c’est un feeling qu’aucun autre festival ne peut offrir. Ce mélange de puissance, de liberté et de tranquillité fait partie intégrante de la magie du 70 000 Tons.

Comme le veut la tradition, nous sommes arrivés deux jours avant le départ afin de profiter des événements metal à South Beach. Le Clevelander propose des spectacles organisés de façon indépendante où il faut débourser pour assister, mais l’ambiance vaut le détour. Le Heavy Metal Beach Party est un classique, et même si tu veux te reposer, c’est toujours particulier d’être entouré de centaines de chandails noirs sur la plage. Le moment clé demeure sans aucun doute la grosse photo de groupe sur la plage la veille de l’embarquement. Pour la majorité des gens, il est pratiquement impossible de se distinguer, mais juste de pouvoir dire « j’y étais » vaut la peine. Après quelques rencontres, dont nos amis de Aux Portes, on s’est essentiellement reposé en vue du gros marathon qui nous attendait. Il y a même des autobus organisés pour se rendre au port le matin du départ, c’est payant et il faut s’inscrire à l’avance, mais ça vaut vraiment le coup.

Le 30 janvier, c’est l’embarquement. Retourner sur l’Independence of the Seas, c’est un peu comme revenir à la maison ou revoir un vieil ami. C’est toujours aussi imposant. L’accueil chaleureux de l’équipe du 70 000 Tons en entrant sur le bateau est une expérience en soi. Cris de joie, sourires, pamphlet avec l’horaire des groupes, informations sur la merch, les cliniques, les meet and greet et même des descriptions de chaque groupe si tu n’as pas eu le temps de faire tes devoirs. Cette année, plusieurs formations power metal attiraient particulièrement notre attention. Avec les conflits d’horaires et la quantité de groupes, on doit faire des choix. Le 70 000 Tons, c’est surtout un endroit pour profiter du moment présent.

L’entrée sur le bateau se fait autour de 16h30 et les premiers spectacles débutent à 17h15 avec Onslaught au Studio B et nos amis québécois Beyond Creation au Star Lounge. De notre côté, on s’est dirigé vers Twilight Force à 17h45 au Royal Theater. Pour situer les lieux, le Royal Theater est une salle de théâtre, le Studio B est une patinoire avec gradins et le Star Lounge est un lounge sans réelle scène. Disons que c’est plus une expérience auditive qu’autre chose.

TWILIGHT FORCE

SONATA ARCTICA

À 19h30, on est resté au Royal Theater pour Sonata Arctica, dans un éclairage rouge très sombre faisant penser davantage à Slayer qu’à Sonata Arctica. Le choix du setlist était discutable, mais ils se sont repris plus tard. HammerFall a suivi à 21h15, un groupe que je n’avais pas vu sur scène depuis 2004 ou 2005 à Québec. Après ça, on a pris le temps de s’installer dans notre cabine. On se gâte souvent avec un balcon, et c’est vraiment agréable d’entendre le mélange de metal et des vagues assis dehors durant la nuit. La soirée s’est poursuivie jusqu’aux petites heures avec Emperor, Kalmah, Candlemass, Septicflesh, Arcturus et plusieurs autres. Comme toujours, ceux pour qui c’est la première fois vont ressentir le contrecoup le lendemain. À titre informatif, Total Death a été le dernier groupe à jouer de 5h15 à 6h00 au Studio B.

Le jour 2, c’est là que la vraie folie commence avec Trollfest et l’ouverture officielle du Pool Deck. Avec leurs flamants roses, leurs paillettes et leur party set, c’était parfait pour lancer la journée. Plus d’une centaine de festivaliers ont formé une immense file festive. Ensuite, direction Royal Theater pour Majestica et Tommy Johansson, qui présentait son nouvel album. L’équipe de MetalUniverse a d’ailleurs réalisé une entrevue avec lui. L’un des grands avantages du 70 000 Tons est que tous les groupes jouent deux fois, ce qui permet de les revoir. La journée s’est poursuivie avec Super Monster Party au Studio B, où plusieurs personnages de Mario étaient actifs dans le circle pit. Depuis quelques années, plusieurs portent leurs costumes dès le début de la croisière. C’était quelque chose à voir.

TROLLFEST

MAJESTICA

SUPER MONSTER PARTY

FINNTROLL

On a continué avec Finntroll sur le Pool Deck, parfait pour ce contexte festif, de Nattfödd à Trollhammaren. La fin de soirée a été bien chargée avec Stratovarius, Swallow the Sun accompagné du Ballet Finland, une première hors de la Finlande, Symphony X, puis Sepultura avec leur premier Farewell at Sea. Personnellement, j’aurais aimé voir Samael, mais à 3h45 du matin, j’ai oublié le projet. Il ne faut pas oublier les déplacements entre les scènes et les arrêts au Windjammer pour manger. Le jour 2 est aussi celui des meet and greet, inclus dans le prix, où tu te rends compte que tu manques toujours de temps.

STRATOVARIUS

SWALLOW THE SUN avec BALLET FINLAND

Le jour 3, c’est l’escale à Ocho Rios en Jamaïque. Pas de spectacles avant 17h. Certains dorment, d’autres se promènent, d’autres sortent. De notre côté, on avait planifié les Dunn’s River Falls. Escalader les chutes avec un guide, l’eau qui coule sur les jambes, c’est beaucoup plus dangereux qu’on le pense. Ce n’est pas pour rien qu’il faut signer une décharge. Glissant, environ 45 minutes de montée, et tu espères ne pas te casser une cheville (ou le crane). Malgré tout, c’était toute une expérience. À 17h, retour aux spectacles avec Tankard sur le Pool Deck, puis The Kovenant avec leur set spécial Nexus Polaris. Pouvoir voir The Kovenant et Arcturus sur une scène, c’est quelque chose. On ne peut pas dire qu’ils nous visitent souvent au Québec.

POWERGLOVE

Lors de l’entrevue avec Sonata Arctica la journée précédente, le groupe nous avait souligné qu’ils auraient une surprise pour le deuxième set. Donc, on ne pouvait pas manquer ça. Dès 20h30 sur le Pool Deck, on a retrouvé le bon vieux Sonata avec leurs grands classiques, même Wolf and Raven. Ils n’avaient pas joué cette chanson en version électrique depuis plus de 12 ans en spectacle, c’est fou! C’était agréable d’entendre aussi Tallulah, My Land, I Have A Right et Don’t Say A Word.

Stratovarius a livré un excellent set Visions au Royal Theater. Delain a joué à 2h15 du matin avec des vents très intenses. Le clavier de Martijn Westerholt a même fait un 360 dans les airs avant de s’écraser au sol, complètement brisé. Il a fini par jouer sur un clavier de côté de scène. Sur les autres scènes aux petites heures, Incantation, Beyond Creation, Krisiun et Hate, ce dernier fermant le Pool Deck à 6h. De mon côté, c’était la fin après Delain. Je pensais honnêtement que mon trépied allait partir au vent.

DELAIN

Le jour 4 débute avec Flotsam and Jetsam et leur set Doomsday of the Deceiver sur le Pool Deck à 10h, mais on s’est dirigé vers Destinity au Theater, une belle découverte death mélodique de la France. Comme chaque année, on manque le Belly Flop Contest et le Jamming in International Waters All Star Jam. En fait, le All-Star, on y a assisté quelques fois, mais on ne pouvait pas cette année. Avec les entrevues, on manque toujours des choses. Une bonne partie de l’horaire m’intéressait moins ce jour-là. On a profité du bateau avant d’aller voir Kalmah avec leur set They Will Return, toujours excellent. De courts passages chez In Extremo, Dirkschneider, Arcturus, quelques notes de HammerFall, puis la grande finale avec Sepultura sur le Pool Deck à minuit. C’est généralement le moment où la majorité des métalleux se rassemblent.

KALMAH

Après la performance de Sepultura, Andy The Skipper, l’architecte qui rend cette croisière possible, est monté sur scène pour remercier tout le monde et annoncer la destination de l’année suivante. On parlait initialement d’Haïti pour 2026, mais les plans ont changé pour Nassau aux Bahamas.

Dans l’ensemble, ce fut une année vraiment spéciale. Une logistique impressionnante, une ambiance unique, des rencontres mémorables et surtout la chance de voir des groupes qui ne viennent jamais ou très rarement au Québec. Un immense merci à toute l’équipe derrière le 70 000 Tons of Metal. Il y a énormément de gens dans l’ombre qui rendent tout ça possible. C’est toujours un privilège de pouvoir le couvrir et d’en faire partie.

70 000 Tons of Metal
https://70000tons.com/
https://www.facebook.com/70000tons/

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Marc Desgagné

Propriétaire MetalUniverse.net | Originaire du Saguenay | Ville actuelle, Québec (Canada)

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