Dans une nouvelle entrevue accordée au média japonais Prog Project, le guitariste et chanteur de OPETH, Mikael Åkerfeldt, s’est vu demander s’il considère comme un défi le fait de « rester progressif ou de continuer à évoluer » lorsqu’il compose pour son groupe.
« Oui, bonne question. Je ne suis pas certain que ce soit si important pour moi de sentir que nous sommes progressifs, parce que je ne sais plus vraiment ce que ça veut dire. À une époque, c’était plus facile de définir un groupe progressif, parce qu’il mélangeait les styles et ce genre de choses. Aujourd’hui, progressif veut souvent dire solos de guitare rapides, et c’est devenu un son, peut-être même quelque chose de moins progressif.
Je pense que la musique progressive, surtout dans le rock et le metal, est devenue un peu régressive. Et je ne sais pas non plus si c’est à moi de décider si nous sommes progressifs ou non. C’est au public d’en juger. Pour ma part, c’est de moins en moins important d’être étiqueté progressif, parce que je ne sais plus ce que ce mot signifie.
Quand j’écris de la musique, par contre, il est facile de faire évoluer notre propre son, parce que j’ai énormément d’influences différentes et que je suis très passionné par ce que je fais. J’essaie donc d’avancer, mais au final, je veux simplement écrire une musique émotive. »
Interrogé afin de préciser qu’il ne « cherche pas consciemment à être progressif » lorsqu’il compose pour OPETH, Åkerfeldt répond :
« Non. Je ne veux pas me répéter. Beaucoup de fans aimeraient qu’on refasse ce qu’on faisait au début des années 2000, mais ça ne m’intéresse pas vraiment. J’aime l’idée de progresser, mais pas nécessairement dans le but de cadrer avec le genre rock ou metal progressif. »
Åkerfeldt a également abordé le fait que ses habitudes d’écoute sont plutôt tournées vers le passé. Il reconnaît que la musique de OPETH intègre des influences issues du death metal classique, du metal des années 1980 et du rock progressif des années 1970.
Questionné sur le manque de nouveaux groupes qui captent son attention, il explique :
« Je ne sais pas. Peut-être parce que je n’écoute tout simplement pas. Je ne cherche pas de nouveaux groupes. Je ne sais pas ce qui se passe dans la scène musicale. Je ne sais pas ce qui est populaire, ce qui est original ou progressif, honnêtement. Je suis coincé avec mes vieux disques, et j’ai encore tellement de musique à écouter. Je n’ai donc aucune idée de ce qui se passe actuellement. »
Autres faits marquants de l’entrevue avec Mikael Åkerfeldt (OPETH)
1. Mikael Åkerfeldt n’utilise pas l’IA et n’a aucun intérêt pour elle
Contrairement à plusieurs artistes actuels, Mikael Åkerfeldt affirme ne jamais utiliser l’intelligence artificielle, ni même des outils comme ChatGPT. Il explique que les réponses générées par l’IA lui donnent l’impression que le savoir lui est imposé, et préfère chercher l’information par lui-même. Même s’il reconnaît que l’IA peut avoir des qualités, il demeure totalement désintéressé par son utilisation créative.
2. Il n’est plus motivé par le succès ou la croissance de carrière
Après plus de 35 ans avec OPETH, Åkerfeldt admet qu’il n’est plus « en chasse » de succès. À 51 ans, il se dit heureux de la position actuelle du groupe et considère déjà comme incroyable de pouvoir jouer une musique aussi singulière partout dans le monde. Sa motivation principale reste l’amour pur de la composition, le moment intime où une idée musicale naît avant d’être partagée avec qui que ce soit.
3. Il préfère les foules debout et regrette les concerts assis
Lors de la tournée japonaise, Åkerfeldt avoue regretter le choix de salles avec places assises, surtout pour des setlists lourdes et agressives. Il explique que l’énergie d’une foule debout est essentielle pour lui, et que jouer devant un public assis donne parfois l’impression d’être jugé par un jury. Selon lui, même dans les concerts assis, le public finit presque toujours par se lever.
Enfin, OPETH a été honoré dans la catégorie Meilleur album hard rock/metal lors de la plus récente édition des Grammis suédois, l’équivalent des Grammy Awards en Suède. La cérémonie s’est tenue le 27 mars à l’Annexet de Stockholm.
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