24:05:11 – Amon Amarth / Cannibal Corpse / Obituary / Frozen Soul (Québec)

Spectacle: Le 11 mai 2024 au Centre Vidéotron de Québec
Organisateur: Gestev
Photographe: François Morisset [site]
Compte-rendu: Sylvain Carrier

Il y a 5 ans, pré-pandémie, si quelqu’un m’avait dit le plus sérieusement du monde qu’Amon Amarth afficherait sold-out au Centre Vidéotron, j’aurais ri fort. Très fort. Nous y voilà pourtant, alors que le viking metal de la bande suédoise prenait d’assaut la Vieille Capitale samedi soir, flanquée de Cannibal Corpse, Obituary et Frozen Soul. Voici le compte-rendu de cette mémorable soirée!

C’est la formation texane Frozen Soul qui amorce la soirée. Devant une foule plutôt éparse, le spectacle débutant très tôt (18h30), la bande américaine reçoit un accueil initial plutôt froid. Le death metal plutôt mélodique du groupe est tout de même efficace, bien qu’assez classique et se démarquant peu de ce qu’on voir en temps normal. Le son du Centre Vidéotron est généralement excellent, et cette fois-ci ne fait pas exception; ça torche! La présence de scène des membres du groupe est intéressante, eux qui se déplacent vigoureusement durant la totalité de la prestation. Lors de la dernière pièce, on assiste enfin à un peu d’action, alors qu’un circle pit modeste est formé par les amateurs au parterre. Ça promet pour la suite!

Frozen Soul

La formation floridienne Obituary suit ensuite, forte de près de 35 années de carrière bien senties. C’est un death metal assez traditionnel quoique très efficace que propose la formation américaine, mais pour une raison franchement obscure, la foule demeure stoïque, patientant peut-être pour la suite des choses. Au parterre, on note un certain mouvement, mais rien qui ne s’apparente même à ce qu’on a vu durant Frozen Soul. Il n’en demeure pas moins que les airs proposés par Obituary sont efficaces, bien rendus sur scène et qu’ils méritent d’être mis de l’avant dans un tel spectacle. On pourra par contre reprocher à Obituary de mettre tous ses oeufs dans le même panier; malgré une dizaine d’albums à leur actif, les Américains ne proposeront que des pièces de leur plus récente offrande et de Frozen Time, ce qui demeure un choix douteux. Le réchauffement se poursuit, et la foule semble maintenant prête pour les choses sérieuses!

Obituary

Cannibal Corpse au Centre Vidéotron. Qui l’eut crû? Corpsegrinder et sa bande embarquent sur scène et cette fois-ci, aucun débat: ça brasse et ça bouge sur le parterre, enfin! Dans les bancs, du moins dans le 107, le headbanging est à l’honneur et personne ne se fait prier pour manifester sa reconnaissance d’une telle présence de scène. Fou raide! Contrairement à ses prédécesseurs, Cannibal Corpse offrent des pièces qui couvrent une bonne partie de leur discographie; prenez des notes, c’est la voie à adopter! On passe de Inhumane Harvest à Evisceration Plague, puis aux pièces de résistance. Durant I Cum Blood, Stripped, Raped and Strangled et Hammer Smashed Face, le parterre est en feu, le mosh pit est actif, Québec s’éclate! Évidemment, on ne peut passer sous silence le charisme incroyable de Corpsegrinder, lui qui s’adresse plusieurs fois à la foule avec humour, en plus de nous faire une démonstration des meilleures « windmills » qui soient sur la scène du heavy metal! C’est près d’une dizaine de pièces qu’offrira la formation américaine, sans complexe et laissant clairement un souvenir indélébile sur ce surprenant passage dans la Vieille Capitale! 

Cannibal Corpse

C’est sous le coup de 21h15 qu’Amon Amarth monte enfin sur scène, près de 3 heures après le début des premières notes de Frozen Soul. Clarifions quelque chose immédiatement : l’attente en valait définitivement la peine! Au tomber du rideau massif couvrant la scène, tous découvrent un décor MASSIF : deux immenses statues de guerriers sont disposées aux côtés du groupe, alors que la batterie de Jocke Wallgren est située sur un gigantesque casque de viking illuminé au niveau des yeux. La description écrite ne rend pas justice à la qualité visuelle du décor, alors je vous laisse examiner les photos de mon collègue pour vous faire votre propre idée, mais wow!

Arborant le classique chandail des Nordiques de Québec, johan Hegg entame les premières notes de The Pursuit of Vikings et rapidement, le mosh pit s’active au parterre. L’ambiance est à couper le souffle et le son est absolument parfait; les quelque 5 500 fans présents en ont déjà pour leur argent. Il faut dire que le rêve de plusieurs se matérialise sous nos yeux, soit celui de voir autre chose qu’Iron Maiden ou Metallica sur une aussi grosse scène. Tattered Banners and Bloody Flags suit ensuite, ce qui nous laisse croire que le setlist sera épique à souhait! Les musiciens se déplacent frénétiquement sur l’immense scène et semblent trouver leur compte dans une aussi grosse production. Comme si ce n’était pas assez, Guardians of Asgaard est ensuite proposée à la foule. Départ canon, s’il en est un! Hegg interagit régulièrement avec la foule entre les pièces, signifiant sa reconnaissance de nous voir en aussi grand nombre et rappelant l’affection des Suédois pour la ville de Québec. Durant Raven’s Flight, tous sautillent sur place à la demande du chanteur, qui est en plein contrôle du parterre. Les décors sont animés, changent de couleurs au gré des pièces; on n’est plus dans la même « game » que dans les petites salles, c’est clair. Blood Eagle tombe un peu à plat et refroidit un brin les amateurs mais ce ne sera au final qu’une pause bien méritée, puisque Deceiver of the Gods et l’excellente As Loke Falls remettent le feu aux poudres. Une émule un peu cheesy de Loki se promène sur la scène et engage le combat avec le chanteur, scène clairement inspirée des accrochages entre Eddie et Bruce Dickinson. Après Find a Way or Make One, les guerriers laissent place à une immense drakkar sur la scène durant Put Your Back Into the Oar et un rowing pit géant est formé au parterre. L’ambiance est géniale, malgré un essouflement de la foule à certains moments. Mention d’honneur à l’excellente War of the Gods, qui est une pièce mélodique, vive et intense qui représente à merveille tout ce qu’Amon Amarth fait de bien, puis à Raise Your Horns qui nous fait trinquer en chœur. En rappel, on a droit à Twilight of the Thunder God comme dessert, et c’est évidemment le clou du spectacle en termes d’énergie de la foule.

C’est donc un spectacle de très, très haute qualité qu’ont offert Amon Amarth, Cannibal Corpse et compagnie en ce radieux samedi soir. On aurait peut-être pris quelques classiques de plus (Death in Fire, Asator, etc), mais c’était tout de même un moment mémorable qui restera gravé dans la mémoire collective des amateurs de métal plus lourd de la Vieille Capitale. 

Amon Amarth

Setlist Frozen Soul

Glacial Domination
Death and Glory
Morbid Effigy
Merciless
Arsenal of War
Crypt of Ice

Setlist Obituary

Redneck Stomp
Barely Alive
The Wrong Time
My Will to Live
Slow Death
War
Dying of Everything

Setlist Cannibal Corpse

Scourge of Iron
Blood Blind
Inhumane Harvest
Evisceration Plague
Death Walking Terror
I Cum Blood
Summoned for Sacrifice
Stripped, Raped and Strangled
Hammer Smashed Face

Setlist Amon Amarth

The Pursuit of Vikings
Tattered Banners and Bloody Flags
Guardians of Asgaard
Raven’s Flight
Blood Eagle
Deceiver of the Gods
As Loke Falls
Find a Way or Make One
Put Your Back Into the Oar
The Way of Vikings
Heidrun
War of the Gods
Shield Wall
Raise Your Horns

Encore:
Twilight of the Thunder God

Marc Desgagné

Marc Desgagné

Propriétaire MetalUniverse.net | Originaire du Saguenay | Ville actuelle, Québec (Canada)

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