18:07:11 – FEQ 2018 (Tagada Jones / Inner Odyssey / Universe Effects)(Québec)

Spectacle: Le 11 Juillet 2018 au Festival d’été de Québec
Organisateur: Festival d’été de Québec 2018
Photographe: Julie Voyer
Compte-rendu: Julie Voyer (Inner Odyssey / Universe Effects) et Sylvain Carrier (Tagada Jones)

Parfois, je me demande si j’ai vécu sur une autre planète au cours des dix dernières années. Après Terra Incognita en mai, je suis sortie de ma torpeur musicale pour replonger dans le rock progressif, un genre trop souvent mal aimé ou simplement mal connu. Le 11 juillet, donc, à l’occasion du FEQ, je suis allée voir Universe Effects et Inner Odyssey en première partie de Tagada Jones, à L’Anti Bar & Spectacles.

Quand j’ai vu que trois des musiciens de Progstory faisaient partie de Universe Effects (le second existant avant le premier), j’étais déjà vendue… ou achetée… ou conquise, peu importe. Je savais que ce serait bon. Tout de noir vêtus, ils nous en mettent plein les oreilles avec un prog à la fois typique et original. Une refrain par ici qui fait penser à tel groupe britannique, un couplet par là qui fait penser à tel autre groupe légendaire, la communion est palpable et elle accomplit son oeuvre.

UNIVERSE EFFECTS

Quant à Inner Odyssey, c’est un prog plus doux, avec quelques éclats de basse et de batterie, qui nous titille les sens. Les harmonies vocales, notamment, sont superbes. Parfois leur musique fait penser à David Bowie dans sa période Space Oddity (évidemment), parfois à Pink Floyd, mais ça peut être tellement difficile de définir ou de circonscrire un tel genre que je vous laisse les découvrir vous-même. Gardez l’oeil ouvert et l’oreille tendue, car le prog n’est pas en voie de disparition, loin de là.

Setlist Universe Effects
Against the Influent
Oblivious
In the Haze that Surrounds Us
Wasteland
Equilibrium
Out of the Darkness

INNER ODYSSEY

Il y a de ces groupes que l’on doit couvrir à l’occasion qui, soyons francs, ne nous sont familiers d’aucune façon. Dans le cadre d’un événement comme le Festival d’Été de Québec, c’est encore plus vrai et certaines… anomalies apparentes se glissent dans le case load (salutations aux intervenants sociaux de ce monde) des journalistes et photographes de Metal Universe. Ce soir, Tagada Jones était au menu, sous le regard intrigué de l’auteur de ces lignes. Détrompez-vous: rien ne laissait sous-entendre une mauvaise prestation, au contraire; les commentaires entourant les spectacles du groupe sont TOUJOURS positifs et les Français performaient tout récemment devant une foule nombreuse au HellfestTagada Jones est cependant ce genre de groupe dont on aurait dû davantage entre parler à l’international (et surtout dans la Francophonie) en 25 ans de carrière, non? Après cette soirée endiablée, la question ne se pose plus.

C’est un Anti Bar & Spectacles bondé, mais VRAIMENT bondé qui accueille avec un brin de retard la formation européenne. Vraisemblablement, le choix de la scène est à la limite de ce que peut offrir l’endroit, mais hormis quelques malchanceux arrivées tardivement, tous y trouveront leur compte. D’abord, c’est un bon défi que de faire le compte-rendu d’un groupe qu’on connaît peu, surtout dans un contexte de festival où le temps nous manque pour étudier les diverses discographies des groupes à écouter et visionner. Toujours est-il que d’emblée, on constate que l’énergie est palpable avant même que le groupe embarque sur scène. Dès les premières notes, les cris retentissent dans la salle et les mosh pits se forment, aussi minimes soient-ils. De nombreux Français se sont déplacés pour le spectacle, eux qui forment une communauté tissée serrée dans la Vieille Capitale (et l’auteur de ces lignes leur donne son support entier pour la finale de la Coupe du Monde qui approche!), et c’est avec l’énergie qui semble les caractériser que Tagada Jones embarque sur scène.

Durant près de deux heures, la foule aura droit à des pièces rendues à merveille (me viennent à l’esprit La Peste et le CholéraTout Va BienEnvers et Contre TousMort aux Cons (quel pièce hallucinante!) et compagnie. Avec Tagada Jones, on se situe au milieu de styles diversifiés qui, si on pousse la réflexion un peu, s’approchent de la verve et du discours engagé du Damien Saez de l’époque, de l’agressivité de Ministry et de l’énergie débordante de Municipal Waste. Cela semble éclectique à prime abord, mais en spectacle, tout s’emboîte et la perfection est frôlée. Bon, l’amateur de « radio de Québec » moyen n’y trouvera définitivement pas son compte, puisque le discours clash définitivement avec celui qui a la réputation de prévaloir dans la Vieille Capitale mais en même temps, force est d’admettre que c’est rafraîchissant, que l’on soit d’accord ou non avec le propos.

TAGADA JONES

Étonnamment, la foule se densifie plus la soirée avance, mais les amateurs présents sont hyper respectueux de l’espace restreint de tout un chacun (d’ailleurs, Chapeau aux gens sur place!) et aucun accrochage (du moins dans notre secteur) n’est observé. C’est presque deux heures de spectacle que nous offrira Tagada Jones, avec un chanteur charismatique au possible et des musiciens au talent indéniable. Il va sans dire que le tout en valait le détour et que malgré l’étroitesse de la salle, les organisateurs ont tout fait pour accommoder les amateurs; c’est tout à leur honneur!

Prochaine étape pour Metal Universe : Beck!

Marc Desgagné

Marc Desgagné

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