Envy of None – Entrevue avec Andy Curran (Coney Hatch) à propos du nouvel album « Stygian Wavz »

PAR MARC DESGAGNÉ
[Propriétaire | Rédacteur – MetalUniverse.net]

Notre journaliste Marc Desgagné de MetalUniverse.net a réalisé dernièrement une entrevue avec Andy Curran, membre fondateur du groupe rock canadien Coney Hatch. Cette fois, c’est au nom de son projet Envy of None qu’il s’est entretenu avec nous. Dans cette formation unique, Andy y assure la basse, les chœurs, la guitare et la programmation. Il est accompagné de Alf Annibalini (guitare, claviers, programmation), du légendaire Alex Lifeson (Rush – guitare, mandola, oud, programmation), ainsi que de Maiah Wynne (voix, chœurs, claviers). Avec Andy Curran, nous avons discuté de la sortie du nouvel album Stygian Wavz, paru le 28 mars 2025 via Kscope.

Sur la photo du groupe (de gauche à droite) : Alex Lifeson, Maiah Wynne, Alfio Annibalini et Andy Curran.

[english follows]

MU : Andy, merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à quelques questions à propos de la sortie du nouvel album d’Envy of None.

Andy Curran : Marc, salut et de rien !!

MU : Quelle a été votre approche concernant l’évolution de Stygian Wavz comparativement au premier album ?

Andy Curran : Cette fois-ci, je dirais que le plus gros changement a été de s’éloigner des boucles de batterie et de préférer travailler avec de vrais batteurs humains ! Le premier album en utilisait en partie, mais Alex a clairement dit que, dans la mesure du possible, on devrait aller vers de la batterie réelle. Je suis content qu’on l’ait fait, ça a vraiment ajouté à cette ambiance un peu « sale ». L’approche d’écriture et d’enregistrement est restée très semblable au premier disque. On part d’une graine, d’une toute petite idée musicale, puis on commence à la développer, à ajouter des couches dans nos studios respectifs, et on fait des allers-retours entre nous avant de décider qu’une pièce est terminée.

MU : Les trois premiers extraits, Not Dead Yet, Under the Stars et Stygian Wavz, démontrent déjà une grande variété de styles. Quelle chanson vous a le plus surpris une fois complétée ?

Andy Curran : Je dirais sans aucun doute la pièce-titre Stygian Wavz. À la base, c’était juste une idée instrumentale un peu décalée que j’ai envoyée à tout le monde, avec un titre temporaire ridicule : Wham Bam. Maiah l’a adorée et a insisté pour qu’on travaille davantage dessus. Alex a suggéré qu’on l’ajoute comme piste instrumentale, ce qui a poussé Maiah à ajouter plein de couches vocales sans paroles, sauf le chant au début. C’était une idée de dernière minute qui est vite devenue une des préférées du groupe. Alex a ajouté des overdubs de oud, Alf a ajouté des guitares, et c’est vraiment passé d’un petit truc de fin de session à cette chanson épique aux influences heavy metal et moyen-orientales, dansante à souhait ! Les percussions de Randy Cooke sont la cerise sur le sundae.

MU : L’album est entièrement autoproduit. Quel a été le plus grand défi de cette approche, et à l’inverse, son plus grand avantage ?

Andy Curran : Le plus grand avantage, c’est de pouvoir développer ses propres idées sans que personne n’influence la direction, le son ou les parties qu’on enregistre. C’est très libérateur, et quand on travaille seul, on peut essayer des trucs fous et les effacer si ça ne marche pas — personne n’en saura rien ! Les autres ne reçoivent que « le meilleur d’Andy » une fois que j’en suis satisfait, et je croise les doigts pour qu’ils aiment. C’est pareil pour tous les membres. L’inconvénient, c’est qu’il n’y a pas une seule personne qui mène le projet ou impose un rythme ou des échéances. Malheureusement, c’est souvent moi qui dois jouer le messager et dire : « Les amis, ça fait deux ans… on finit ça ? »


Envy Of None – Stygian Wavz

  1. Not Dead Yet [03:29]
  2. The Story [04:41]
  3. Under The Stars [04:32]
  4. Thrill Of The Chase [03:40]
  5. Handle With Care [04:14]
  6. That Was Then [03:46]
  7. Raindrops [03:33]
  8. New Trip [03:55]
  9. Clouds [04:02]
  10. The End [03:58]
  11. Stygian Waves [03:37]

MU : La chimie entre toi et Maiah Wynne semble être au cœur du son d’Envy of None. Comment cette dynamique a-t-elle évolué sur ce deuxième album ?

Andy Curran : On a vraiment atteint une belle zone en coécriture. On laisse nos égos à la porte, et on discute en profondeur des idées de paroles et de mélodies. On parle aussi des tempos et des tonalités pour s’assurer qu’il y a de la variété. On se chicane rarement, et j’ai toujours respecté le fait qu’elle soit la voix du groupe. Cela dit, elle est très ouverte lorsque je propose des idées de paroles ou de refrains pour démarrer quelque chose. Not Dead Yet et Under the Stars sont de bons exemples de cette façon de faire. Et puis, il y a des chansons comme Raindrops, où elle avait déjà tout écrit — j’ai adoré, j’ai juste ajouté mes lignes de basse. Si ce n’est pas brisé, pas besoin de réparer.

MU : Ta carrière t’a amené à explorer de nombreux styles au fil des décennies. As-tu trouvé ton inspiration dans des influences inattendues pour Stygian Wavz ?

Andy Curran : Tout a commencé avec Alf et moi qui travaillions sur des idées complètement différentes de ce que j’ai fait auparavant. Mes amis m’appellent « Drew », alors j’ai créé un dossier sur mon ordi intitulé « The Anti-Drew », rempli d’idées, dont plusieurs se sont retrouvées sur le premier album. J’avais envie de faire autre chose, quelque chose de plus planant, très axé sur les grooves, avec des couches de claviers psychédéliques. J’ai été inspiré par des trames sonores que j’aime, comme celle de To Live and Die in L.A. de Wang Chung. Mes filles m’ont fait découvrir Tame Impala, et ma femme aime Bonobo. J’étais déjà fan de Thievery Corporation et Massive Attack. J’ai trouvé ça stimulant de mettre de côté mes vêtements de hard rockeur pour voir où ça me mènerait. Et ça a été tout un trip !

MU : L’ajout d’éléments de rock industriel et de synthwave donne une texture unique à l’album. Est-ce une direction que tu aimerais explorer davantage à l’avenir ?

Andy Curran : Oui, comme je disais, sortir de sa zone de confort et se challenger, c’est excitant et super gratifiant quand on entend le résultat final. Un jour, je peux avoir l’idée d’un riff de hard rock qui fait fondre le cerveau, mais le lendemain, si je reçois une inspiration trip-hop ou reggae planante — comme Under the Stars — je fonce. Tu sais, les artistes se font souvent cataloguer dans un seul style, ce que je comprends du point de vue des fans. Personne ne veut acheter un album de Cheap Trick et se dire « WTF ? » en l’écoutant. Mais en même temps, on ne mange pas la même bouffe tous les jours. On ne s’habille pas pareil à chaque jour. On ne regarde pas le même film chaque jour. Alors pourquoi je devrais me limiter à écrire toujours la même chose ? La vie est pleine de surprises.

MU : Alex Lifeson utilise des instruments comme la mandole et l’oud sur cet album. Comment ces sons ont-ils influencé l’atmosphère générale des chansons ?

Andy Curran : Alex est un maître pour enrichir les pièces et amener une idée à un autre niveau. Son instinct pour faire évoluer les choses vers l’inattendu est incroyable. Aucun de nous n’aurait prévu des overdubs d’oud, des guitares acoustiques coupées et inversées, ou même une ligne de guitare inspirée du country, comme dans Not Dead Yet. Il rend ces chansons spéciales, et c’est un honneur et un privilège total de pouvoir m’asseoir et le regarder guider les chansons vers leur version finale. Je me pince tout le temps quand j’écoute ce qu’il a ajouté.

MU : Ton jeu de basse et ta programmation jouent un rôle clé dans le son d’Envy of None, aux côtés du travail d’Alfio Annibalini aux claviers et à la production. Comment collaborez-vous pour créer les textures uniques du groupe ?

Andy Curran : Alf et moi, on partage littéralement le même cerveau ! Il y a plusieurs chansons qui partent de lui et moi. Je propose les idées les plus folles du monde, et il me répond souvent : « c’est génial, allons-y ». Les lignes de basse, pour moi, c’est comme le sous-sol d’une maison : ça établit le groove et l’ambiance. Ensuite, j’ajoute habituellement des claviers pour accentuer le feeling, puis je lui passe le relais. Le son même de mes overdubs, il les amène à un tout autre niveau grâce à ses compétences d’ingénieur. Il me fait toujours sonner et paraître bien mieux que je le suis. Très souvent, Alf et moi allons retravailler une chanson de 10 à 20 versions avant même de la soumettre à Alex et Maiah. C’est important pour nous deux que l’idée soit solide quand on la leur transmet pour approbation… ou rejet !

MU : Tu as mentionné dans d’autres entrevues que la spontanéité et l’expérimentation sont essentielles à ton processus de création. As-tu vécu des moments particulièrement inattendus ou mémorables en studio cette fois-ci ?

Andy Curran : Oui, deux chansons : Thrill of The Chase et Stygian Wavz. Je les ai abordées, honnêtement, avec un total laisser-aller. C’était littéralement des idées lancées à l’aveugle, juste pour voir ce qui allait fonctionner. Alex est un excellent point de repère pour moi, et parfois, il revient avec un seul commentaire qui me fait complètement repenser ce que je lui ai envoyé. Raindrops est une de ces pièces : j’ai revu ma ligne de basse pour lui laisser plus d’espace, pour que la chanson respire… plutôt que de forcer les gens à écouter ma super ligne de basse.

MU : Envy of None est souvent décrit comme un « supergroupe », mais vous avez dit que vous ne le voyez pas nécessairement de cette façon. Comment définiriez-vous la chimie et la vision du groupe ?

Andy Curran : Soyons honnêtes, quand un membre du groupe fait partie du Rock n Roll Hall of Fame, ça te propulse instantanément dans la stratosphère !! Il est comme un missile à tête chercheuse, mais le premier à dire à haute voix qu’EON est la somme de toutes ses parties et que nous sommes quatre égaux. Je peux honnêtement dire que nous faisons tous les quatre le gros du travail ensemble, mais il est indéniable que nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui sans la présence de M. Lifeson. La voix, les harmonies et les paroles de Maiah sont d’un tout autre niveau donc… franchement, pour moi, Alex et Maiah sont les super-pouvoirs du groupe.

MU : La production musicale a beaucoup changé depuis vos débuts avec Coney Hatch. Quel aspect de l’enregistrement moderne appréciez-vous le plus ?

Andy Curran : J’ai toujours aimé travailler en studio, manipuler les sons, et ça n’a jamais changé. Avec Envy, le côté amusant, c’est de pouvoir travailler dans mon studio maison et d’avoir la liberté de travailler rapidement et à distance. Mixer et équilibrer les niveaux sur une plateforme comme Audio Movers ou Session Wire, c’est digne de la science-fiction, pouvoir planifier une sorte d’appel Zoom et mixer à distance, en temps réel, à partir de quatre endroits différents… c’est génial. Ça a été ma bouée de sauvetage pour pouvoir mener le disque à terme avec Alf. Sans cette technologie, je doute que ce disque aurait été prêt à sortir. Du stock super cool digne de science-fiction.

MU : Si vous deviez choisir une chanson de Stygian Wuvz pour introduire quelqu’un dans l’univers d’Envy of None, laquelle ce serait et pourquoi ?

Andy Curran : Je suis biaisé ; ma chanson préférée d’EON est sur le nouveau disque, elle s’appelle Handle with Care. Elle englobe tout ce que j’aime de notre groupe… mon deuxième choix serait la chanson-titre Stygian Wavz.

MU : Je viens du Saguenay, et j’ai entendu plein de belles histoires sur vos tournées avec Coney Hatch dans la région. Mon oncle [Guy] m’a fait découvrir votre groupe au début des années 2000, et Coney Hatch est devenu un lien fort entre deux générations (encore aujourd’hui). Quel est votre plus beau souvenir de tournée au Québec ?

Andy Curran : Oh mon Dieu, par où commencer ? Notre tout premier spectacle au Québec remonte à avant qu’on signe un contrat, on jouait dans un petit bar dans le Vieux-Québec pendant le Carnaval. Je suis tombé en AMOUR. C’est honnêtement ma ville préférée au Canada. Ouvrir pour Judas Priest au Colisée, le Forum de Montréal avec mon groupe solo en première partie de RUSH, jouer au Mustache Club à MTL, Coney Hatch et British Lion au Théâtre Impérial, le Masque à D’Or à Chicoutimi, ce sont tous des souvenirs spéciaux pour moi. J’ai une histoire d’amour avec la Belle Province, et ça continue encore aujourd’hui.

MU : Enfin, avec la sortie prochaine de Stygian Wavz, qu’aimeriez-vous que les auditeurs retiennent de ce nouvel album ?

Andy Curran : Alex Lifeson l’a dit de la meilleure façon – nous avons 11 pièces différentes (chansons) que chacun peut visiter et où passer du temps. Entourez-vous et laissez-vous imprégner des sons et de l’amour qui ont été mis dans la création de toutes ces chansons. J’espère que vous les aimerez autant que nous.

MU : Andy, merci encore une fois pour votre temps ! C’est toujours un plaisir d’en apprendre davantage sur votre processus créatif. Je vous laisse le mot de la fin — avez-vous un message pour vos fans du Québec et d’ailleurs ?

Andy Curran : Le Québec est un endroit tellement spécial où les amateurs de musique apprécient vraiment les arts. J’espère que peut-être un jour bientôt, EON viendra y jouer. Soyez prudent !!!


L’album Stygian Wavz de Envy of None est disponible depuis le 28 mars 2025 chez Kscope. Écoute et tous les liens pour commander votre exemplaire ci-dessous!

Écoute/Stream/Commande « Stygian Wavz »: https://EnvyOfNone.lnk.to/waves

Facebook: https://www.facebook.com/envyofnone
Site web: https://envyofnone.com/

Playlist YouTube:


ENGLISH version

Our journalist Marc Desgagné from MetalUniverse.net recently conducted an interview with Andy Curran, founding member of the Canadian rock band Coney Hatch. This time, he spoke to us on behalf of his project Envy of None. In this unique formation, Andy handles bass, backing vocals, guitar, and programming. He is joined by Alf Annibalini (guitar, keyboards, programming), the legendary Alex Lifeson (Rush – guitar, mandola, oud, programming), and Maiah Wynne (vocals, backing vocals, keyboards).

With Andy Curran, we discussed the release of the new album Stygian Wavz, which came out on March 28, 2025 via Kscope.

In the band photo (from left to right): Alex Lifeson, Maiah Wynne, Alfio Annibalini, and Andy Curran.

MU : Andy, thank you so much for taking the time to answer a few questions about the release of Envy of None’s new album.

Andy Curran: Marc, Salut and de rien!!

MU : What was your approach to the evolution of Stygian Wavz compared to the first album?

Andy Curran: This time around I think the biggest change was to get away from using drum loops and opt for working with real human drummers!! The 1st record was a mix of, but Alex was vocal that wherever possible we should do that. I’m glad we did as it really added to that « bad » feel. The songwriting approach and tracking was very similar to the debut record. We start with the seed of a very short musical idea and start developing it and adding layers in our individual studios and bounce off everyone before we decide a track is finished

MU : The three first singles, Not Dead Yet, Under the Stars, and Stygian Waves, already showcase a wide range of styles. Which track on the new album surprised you the most once it was completed?

Andy Curran: I think the title track Stygian Wavz for sure. It was just an instrumental left field idea I sent out to everyone, a silly working titled called Wham Bam and Maiah specifically loved it and insisted we work on it more. Alex suggests maybe we add as an instrumental track and that prompted Maiah to add layer upon layer of vocal overdubs with no lyrics other than the chant at the beginning. It was an afterthought idea that quickly turned into a band favourite. Alex added Oud overdubs, Alf added guitars, and it really went from a last-minute short idea to this epic heavy metal/ middle eastern influenced dance party song! Randy Cooke’s drums are the icing on the top.

MU: The album was entirely self-produced. What was the biggest challenge of this approach, and on the flip side, its greatest advantage?

Andy Curran: The greatest advantage is developing your own idea without anyone influencing the direction, sound or parts you lay down. Very liberating and when you’re on your own you can try crazy stuff and sounds and erase without anyone being aware. The other members only ever get « the best of Andy » after I’m happy and I cross my fingers they will like what I’ve done. That goes for all of us. The disadvantage is there’s no one person driving the pace of the project and setting deadlines to complete things. Sadly, I usually must become the messenger to say…EON’s it’s been two years…can we finish this sucker off? 

MU: The chemistry between you and Maiah Wynne seems to be at the heart of Envy of None’s sound. How has this dynamic evolved on the second album?

Andy Curran: We have really hit a nice place with our co-writing. Egos are checked at the door and lyrical ideas and melodies are discussed in great detail. We chat about song tempos and the keys of each song to make sure there’s some variety there. We rarely lock horns, and I always respect the fact that she’s the voice of the band but she’s extremely open to when I table an idea of a lyric or chorus hook to get things started. Not Dead yet and Under the Stars are great examples of how that scenario played out. Then there’s a song like Raindrops where she had everything already written and I loved all and just added my bass tracks so were aware of …if it ain’t broke, don’t fix it.

MU: Your career has led you to explore many different styles over the decades. Did you draw inspiration from any unexpected influences for Stygian Wavz?

Andy Curran: The start of it all was me & Alf working on ideas that were nothing like what I’ve previously done. My friends call me « drew » so I created a folder on my desktop called « the anti-drew » and was filled with ideas, many of them ended up on the debut. So, I was scratching a different itch that was vibey, very groove oriented, lots of trippy keyboard layers. I think I was inspired by soundtrack music that I’ve loved like Wang Chung’s to Live and Die in LA as an example. My young daughters turned me on to Tame Impala and my wife loves Bonobo. I was already a big Thievery Corporation fan same with Massive Attack and I thought it would be a fun ride to shed the hard rock clothing and see where it took me. It’s been a blast.

MU: The addition of industrial rock and synthwave elements gives the album a unique texture. Is this a direction you’d like to explore even further in the future?

Andy Curran: Yes, as I mentioned to step outside your comfort zone and challenge yourself is exciting and super rewarding when you hear the final results. On any given day I can be inspired to write a crushing melt your brain hard rock riff but then when Lightning hits and it’s a trippy ambient reggae idea -like how Under the Stars started…I just run with it. You know artists tend to get pigeonholed into one thing or style, which as a fan I get. You don’t want to buy a Cheap Trick record and listen and go WTF?? This is nothing like what I was hoping for, but on the flipside, we don’t eat the same food every day. We don’t dress the same every day. We don’t watch the movie everyday so why should I be limited to write four on the floor cock raw?? Life’s full of surprises.

MU: Alex Lifeson incorporates instruments like the mandola and oud on this album. How did these sounds shape the overall atmosphere of the songs?

Andy Curran: Alex is the master at adding parts and taking an idea to the next level. His instincts on where to take things to the unexpected and amazing. None of us expected Oud overdubs or chopped up backwards acoustic guitars or even a twang country inspired guitar line like what happens in Not Dead Yet. He makes these songs special and it’s an absolute honour and privilege to sit back and watch him steer these songs to their final versions. I pinch myself all the time when I listen to what he’s added.

MU: Your bass playing and programming play a key role in Envy of None’s sound, alongside Alfio Annibalini’s work on keyboards and production. How do you two collaborate to create the band’s unique textures?

Andy Curran: Alf and I share a brain for sure!! There’s a bunch of songs that start with he and I. I try the dumbest stuff in the world, and he usually responds with a « this is awesome » let’s go. The bass lines are meant to be the basement of the house. Establish a groove and vibe and I usually add keyboards to punctuate the vibe and pass it off. The actual sound of my overdubs, he takes to the next level with his engineering chops. He constantly makes me look and sound way better than I am. Many times, Alf and I will go back as many as 10-20 versions before we even table to Alex and Maiah. It’s important for he and I the idea doesn’t come off half assed when we hand it over for the thumbs up or thumbs down!

MU: You’ve mentioned in past interviews that spontaneity and experimentation are key to your songwriting process. Did you have any particularly unexpected or memorable moments in the studio this time?

Andy Curran: Yes, two songs, Thrill of The Chase and Stygian Wavz were honestly approached with reckless abandonment from my end. Literally trying off the cuff ideas and seeing what flies. Alex is such a great sounding board for me and sometimes will come back with one simple comment that gets me to rethink what I sent. Raindrops was one of those tracks where I revised my bass line and left a lot of space so the song could breathe rather than…listen to my great bass line.

MU: Envy of None is often described as a “supergroup,” but you’ve said that you don’t necessarily see it that way. How would you define the chemistry and vision of the band?

Andy Curran: Let’s face it, when you have a member of the band in the Rock n Roll Hall of fame.it instantly puts you into the stratosphere!! He he’s a heat seeking missile but the first to be vocal that EON is the sum of the parts and we’re 4 equals. I can honestly tell you that the 4 of us equally do the heavy lift together but its undeniable that we would not be where we are today without Mr. Lifeson being part of this. Maiah’s vocals, harmonies and lyrics are next level so…candidly for me Alex and Maiah are the bands superpowers.

MU: Music production has changed a lot since your early days with Coney Hatch. What aspect of modern recording do you enjoy the most?

Andy Curran: I’ve always loved working in the studio, manipulating sounds and that’s never changed. With Envy the fun part is working at my home studio and having the freedom to work quickly and remotely. Mixing and balancing levels on a platform like audio movers or session wire is space-age in terms of being able to book basically a zoom call and mix remotely, in real time from 4 different locations …its awesome. That was the saving grace for me to be able to move the record to competition with Alf. Without that technology, I doubt this record would have been ready to release. Super cool sci-fi stuff

MU: If you had to pick one song from Stygian Wuvz to introduce someone to Envy of None’s world, which one would it be and why?

Andy Curran: I’m biased; my fav EON song is from the new record called Handle with Care. It encompasses everything I love about our band …second choice would be the title track Stygian Wavz.

MU: I’m from Saguenay, and I’ve heard so many great stories about your time touring with Coney Hatch in the region. My uncle [Guy] introduced me to your band in the early ‘2000s, and Coney Hatch became a strong connection between two generations (even today). What’s your favorite memory from touring in Québec?

Andy Curran: OMG, where do I start? Our very 1st Quebec show was pre-record deal days playing a small bar in Old Quebec during Carnival. I fell in LOVE. Its honestly my fav city in all of Canada. Opening for Judas Priest at Colisé, Montréal Forum with my solo band as special guests with RUSH, playing the Mustache Club in MTL, Coney Hatch & British Lion Imperial theatre, Masque a D’Or in Chicoutimi are all special memories for me. I have a love affair with La Belle Province, and it continues to this day.

MU: Finally, with the upcoming release of Stygian Wavz, what do you hope listeners will take away from this new album?

Andy Curran: Alex Lifeson said it best- we have 11 different rooms (songs) for everyone to visit and spend time with. Surround and bask in the sounds and the love that went into making all these songs. I hope you like them as much as we do. 

MU: Andy, thank you once again for your time! It’s always a pleasure to learn more about your creative process. I’ll leave the final word to you—do you have any message for your fans in Québec and beyond?

Andy Curran: Quebec is such a special place where music fans truly appreciate the arts, I hope maybe one day soon EON will perform there. Soyez prudent!!!

by MARC DESGAGNÉ

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Marc Desgagné

Propriétaire MetalUniverse.net | Originaire du Saguenay | Ville actuelle, Québec (Canada)

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